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Hamilton remporte le Grand Prix du Canada de F1 devant Grosjean et Perez

10/06/2012 03:51 EDT | Actualisé 10/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le jeu de la roulette russe s'est poursuivi en Formule 1, dimanche, à l'occasion du Grand Prix du Canada. Et ce, même si c'est un visage fort familier qui l'a emporté. Les deux autres qui l'ont accompagné sur le podium l'étaient un peu moins, toutefois.

Lewis Hamilton a remporté le Grand Prix du Canada disputé au circuit Gilles-Villeneuve pour ainsi devenir le septième pilote différent en sept courses à signer la victoire cette saison.

Hamilton, qui a lutté pendant toute la course avec Sebastian Vettel (Red Bull) et Fernando Alonso (Ferrari) au sein d'un trio de tête, a complété les 70 tours de 4,361 km chacun devant deux invités-surprise sur le podium, Romain Grosjean (Lotus) et Sergio Perez (Sauber). Ceux-ci ont tous deux préconisé une stratégie d'un seul arrêt aux puits, avec beaucoup plus de succès que Vettel et Alonso, tandis que Hamilton a suivi son plan pré-établi de deux arrêts. C'est là une approche qui a permis au Britannique de 27 ans d'être clairement plus rapide que ses concurrents pendant la majorité de la course.

«J'ai été très surpris que mes pneus performent aussi bien et d'avoir pu pousser la voiture à ce point. Je ne m'attendais pas à ce que (Vettel et Alonso) souffrent d'une telle dégradation (des pneus), a indiqué Hamilton. Si j'avais tenté une stratégie à un seul arrêt, je crois que j'aurais perdu du terrain comme ça leur est arrivé. La stratégie à deux arrêts a été juste à point pour nous.»

Vettel et Alonso se sont contentés des quatrième et cinquième places, respectivement, après avoir lutté aux avant-postes pendant les 60 premiers tours de l'épreuve.

Ces deux-là et Hamilton ont tous changé de pneus entre les 17e et 20e tours, le pilote de Red Bull cédant alors la première place à Hamilton pour se retrouver troisième. Hamilton s'est arrêté une nouvelle fois au 50e tour, dépassant ensuite Vettel dans la ligne droite au 62e tour, puis Alonso au même endroit au 64e tour. Vettel n'a eu d'autre choix que de s'arrêter aux puits au 68e tour, tandis qu'Alonso a résisté jusqu'à la fin, tant bien que mal.

«Il a fallu être un peu plus sur la limite aujourd'hui pour rattraper (Vettel et Alonso) devant moi, j'ai dû prendre plus de risques que par le passé», a fait remarquer Hamilton, qui en était à sa troisième victoire à Montréal, ayant également réussi l'exploit en 2007 — la première de ses 18 victoires en carrière — et 2010.

«C'est l'une des courses les plus gratifiantes que j'aie connues jusqu'à maintenant, alors je savais que si je terminais devant aujourd'hui, ce serait tout aussi spécial (qu'en 2007), a dit Hamilton de sa prestation réussie par temps chaud et ensoleillé. J'ai absolument exploité tout ce que je pouvais exploiter de la voiture aujourd'hui. La sensation que j'ai ressentie en traversant la ligne d'arrivée, c'était comme une explosion.»

Les trois triomphes de Hamilton au Grand Prix du Canada lui donnent le deuxième rang de l'histoire à ce chapitre, à égalité avec Nelson Piquet. Seul Michael Schumacher a fait mieux avec sept titres acquis en sol québécois.

«C'est comme une piste de go-kart ici, a dit Hamilton pour expliquer ses affinités avec le circuit Gilles-Villeneuve. C'est très plaisant parce que tu roules par-dessus les vibreurs et il y a peu d'adhérence. J'aime aussi la température et les fans ici. Il y a peu d'endroits, parmi ceux qu'on fréquente durant l'année, comme celui-ci. Je dis toujours que Monaco est très spécial, mais ici ça l'est encore plus pour moi, comme lorsque je cours chez moi à Silverstone.»

Le champion du monde en 2008 a profité de sa victoire pour s'emparer du premier rang au classement des pilotes avec 88 points, deux points de mieux qu'Alonso et trois de plus que Vettel.

Meilleur à vie

La deuxième place de Grosjean représente son meilleur résultat à vie en F1. Le Français de 26 ans, qui a fait une première incursion en F1 en 2009, en était à sa toute première présence à Montréal. C'est quand même son deuxième podium cette saison, après sa troisième place acquise au Grand Prix de Bahreïn. Même chose dans le cas de Perez, deuxième en Malaisie plus tôt cette année.

«Ce podium signifie qu'on est sur la bonne voie, a dit Grosjean. Et ça montre que ce n'était pas un coup de chance à Bahreïn.»

Perez était lui aussi, en quelque sorte, une recrue à Montréal. L'an dernier, il avait dû se désister après avoir pris part à quelques tours lors de la première séance d'essais libres, encore mal remis d'un grave accident lors du Grand Prix précédent, à Monaco.

«Même si la voiture était rapide depuis la Malaisie, nous n'avions pas obtenu beaucoup de bons résultats. C'est formidable de revenir avec un autre podium», a commenté Perez.

Avant l'épreuve montréalaise, six pilotes différents avaient remporté les six premières épreuves de l'année, amenant certains observateurs à parler de «loterie» et de résultats «aléatoires». Certains pilotes ont toutefois affirmé, cette semaine à Montréal, qu'ils s'attendaient à un retour éventuel à «la normalité», à savoir que les meilleures écuries finiraient bien par obtenir du succès plus régulièrement. Même si Hamilton fait partie de l'élite mondiale depuis plusieurs années chez les pilotes, l'incursion de Grosjean et Perez, dimanche, forcera tout le monde à attendre encore avant de voir qui seront les véritables ténors de la F1 en 2012.

«Ceci, je crois, est ce qui est normal, a dit Hamilton en désignant les pilotes de Lotus et Sauber à ses côtés en conférence de presse. C'est ce qui va s'avérer normal cette saison. Je crois que ça va continuer dans cette veine. Nous essayons encore de comprendre les pneus (Pirelli), et nous ne comprenons pas encore pourquoi Lotus ou Mercedes sont plus vites que nous à l'occasion. Mais je crois que c'est formidable pour la F1 et les amateurs.»

La prochaine épreuve du championnat de F1 aura lieu le 24 juin à Valence, en Espagne, à l'occasion du Grand Prix d'Europe.

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