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Euro-2012 - A "Camp Sweden", la passion du foot à défaut du confort

10/06/2012 05:20 EDT | Actualisé 10/08/2012 05:12 EDT

Lundi, ils seront 9000 au stade olympique de Kiev pour voir leur équipe défier l'Ukraine à l'Euro-2012: en attendant, les supporteurs suédois, parmi les plus fidèles qui soient, posent leurs sacs à "Camp Sweden", un très rudimentaire camping installé sur une île au milieu du Dniepr.

Ils arrivent à pied, par le pont qui enjambe le fleuve, ou en vélo, taxi, stop et même caravane par l'autre côté de l'île Troukhanov. Samedi, ils étaient quelques centaines mais la file d'attente s'allongeait et ils devraient être entre 5000 et 6000 au matin du match.

Mercredi, les médias ukrainiens ont pourtant publié des articles alarmistes sur l'état du camp. "Je pense que les Suédois vont regretter leur décision", a même déclaré un élu d'opposition du conseil municipal, Olexandre Davidenko, cité par Ukraïnska Pravda.

Même s'ils sont accueillis au son des chansons d'Abba, certains ne sont en effet pas emballés par ce qu'ils ont découvert. "Ca n'est vraiment pas bien. Il n'y a pas d'électricité, pas d'eau chaude, pas de papier toilette", explique Daniel.

De fait, rien ou presque n'est prêt sur ce gigantesque terrain de camping (23 hectares) où policiers et responsables de sécurité sont partout, mais où l'afflux de fans n'avait manifestement pas été très bien préparé.

Les ouvriers ont beau s'affairer, on doute à la vue des câbles courant à même le sol ou des camions de chantier qui circulent partout, que l'endroit puisse devenir ne serait-ce qu'un minimum confortable avant la fin de l'Euro.

Les toilettes sont rares et déjà très sales. A l'intérieur, un filet d'eau coule des robinets, mais effectivement il n'y a pas de courant.

"On s'attendait à mieux. C'est assez loin de la qualité des campings suédois", regrette Martin, une vingtaine d'années, venu passer trois jours avec ses amis Sebastian, Robert et Gustav.

Les quatre garçons, qui paient chacun environ 20 euros la nuit, sont un peu préoccupés par l'absence d'électricité, qui les empêche d'écouter de la musique et de recharger leurs portables. Et surtout par le fait qu'il "est 15h00 et qu'il n'y a déjà plus de bière à vendre". "On est loin des supermarchés", réalise alors Gustav.

Autre inquiétude: "Je n'ai pas encore été voir les douches", admet Sebastian. Il aura deux possibilités: les cabines individuelles, posées sur des planches en bois et dépourvues de toit, ou les collectives, installées sous des tentes militaires hors d'âge.

Un peu à l'écart de leur tente, cinq autres de leurs compatriotes peinent à faire rouler leurs valises sur le sable humide. Perplexes, ils regardent la plage, qui ne fait pas très envie. C'est heureux, car la baignade est déconseillée.

De l'autre côté, un immense bar est encore à construire. Les meubles sont emballés ainsi que les réfrigérateurs, vides et toujours sous film.

Au moins, le centre du camp est raisonnablement accueillant, avec un (tout) petit marché, un bar où chantent déjà les fans suédois, des distributeurs de billets qui semblent fonctionner et des points de renseignement touristique.

La petite pharmacie est également correctement achalandée, avec des produits de toilette, quelques médicaments, des préservatifs -"on n'en vend pas, il n'y a presque pas de filles", explique la vendeuse- mais aussi des sprays anti-moustiques.

"C'est vrai que le soir, avec la rivière à côté, il y en a beaucoup", reconnaît-elle. Peu de distractions en revanche, si ce n'est l'intrigante proposition d'un "tour en véhicule blindé"...

Mais peu importe pour les très fidèles et très passionnés supporteurs de la Suède. "Bien sûr qu'on est content d'être là quand même !, affirme Martin. On est venus pour l'ambiance et le foot, pas pour le confort."

Et dire que certains d'entre-eux n'ont même pas de billets pour le match...

stt/sk/nip

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