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Dispositif policier resserré pour le Grand Prix de Formule 1 (PHOTOS/TWITTER)

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POLICE MONTREAL
AP

Un fleuve ininterrompu de milliers d'amateurs de Formule 1 se déversait dimanche à Montréal aux abords du circuit où devait se tenir le Grand Prix, filtré par plusieurs cordons de police craignant des actions des étudiants québécois opposés à une hausse des frais de scolarité.

Ces derniers ont menacé de perturber la manifestation sportive en bloquant les accès du métro et en tentant de pénétrer dans l'enceinte du circuit.

Des contrôles de police ont lieu à la station de métro Berri-Uqam, d'où part la ligne desservant le site des courses automobiles qui doivent commencer en début d'après-midi. Des dizaines de policiers, accompagnés d'un chien renifleur, refoulent des personnes sans que l'on sache exactement selon quels critères.

"On ne peut pas accéder au site si on a les cheveux roses et qu'on n'a pas de billet", assure à l'AFP une jeune femme arborant une frange teintée de la couleur préférée des étudiants opposés depuis février à la hausse des frais de scolarité annoncée par le gouvernement du Québec, un conflit dont la contestation du Grand Prix est le prolongement.

"On m'a fait escorter par plusieurs policiers. C'était effrayant, j'ai vraiment eu la frousse. Ils traumatisent les gens qui n'avaient aucune intention de foutre la merde. Je voulais manifester pacifiquement, mais maintenant j'ai encore plus envie de foutre la merde", assure Mélopée Montminy.

Un jeune couple, Jeremy et Caroline, subissent stoïquement le même sort. "Jeunes et sans billets, on est refoulés", constatent-ils en rebroussant chemin dans les couloirs du métro.

Un collégien de 17 ans qui veut garder l'anonymat confie avoir été fouillé à trois reprises par les policiers, mais assure que ceux-ci n'ont pas trouvé son "attirail de parfait anarchiste: un couteau de 15 centimètres, des lunettes de ski pour se protéger contre les gaz lacrymogènes, un foulard et une casquette". "J'ai voulu tester le dispositif policier. Il est massif, mais inefficace", affirme le jeune homme, avant de se fondre dans la foule.

Les manifestants ne sont pas bien vus par les amateurs de courses automobiles. Interrogés, les détenteurs de billets les traitent de tous les noms, parfois dans plusieurs langues pour bien se faire bien comprendre.

Devant un étalage d'articles officiels du Grand Prix, deux jeunes femmes en short et T-shirt noir moulant hèlent les passants. Elles haussent les épaules quand on les interroge sur la manifestation de la veille contre l'exploitation du corps féminin à des fins commerciales à l'occasion de cet événement. "Nous ne sommes pas d'accord avec cela, nous travaillons ici".

A la station Berri-Uqam, une centaine de jeunes manifestants qui n'ont pu emprunter le métro, partent vers le centre-ville à travers des rues vides et chauffées par un soleil de plus en plus impitoyable.

"On veut des billets", scandent-ils au son de casseroles, avant de s'en prendre au Premier ministre québécois Jean Charest: "Charest, tu ris, mais check (surveille) ben ton Grand Prix".

En milieu de journée, la police annonçait trois arrestations, pour une fausse alerte à la bombe dans le métro, pour possession d'une imitation d'arme à feu et pour intimidation à l'égard d'un policier.

Depuis février, le conflit opposant étudiants et gouvernement de la province francophone a débouché sur des manifestations quasi quotidiennes, émaillées parfois d'incidents violents et d'arrestations.

via/sf/chv

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