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Vingt-trois morts dont femmes et enfants dans des bombardements en Syrie

09/06/2012 05:00 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

L'armée syrienne a bombardé samedi deux bastions rebelles tuant 23 civils dont des femmes et des enfants, un nouvel épisode de la répression qui a poussé l'opposition à réclamer à la communauté internationale des armes sophistiquées pour faire tomber le régime.

Ces violences surviennent au lendemain d'une journée sanglante avec 68 morts dans la répression et les combats entre soldats et rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), et du déplacement des observateurs de l'ONU sur les lieux du massacre à Al-Koubeir.

Face à un régime déterminé à écraser la révolte lancée il y a 15 mois, le Conseil national syrien (CNS), la principale coalition d'opposition, s'apprête à désigner un nouveau président, qui aura pour difficile tâche d'unifier et rendre efficace cette instance marquée par de profondes divisions.

Au moins 17 personnes, dont neuf femmes et trois enfants de 12 et 13 ans, ont été tuées avant l'aube dans les bombardements violents de l'armée à Deraa (sud), où les premières manifestations de protestation contre le régime de Bachar al-Assad avaient éclaté le 15 mars 2011, a précisé l'OSDH.

Le président de l'ONG, Rami Abdel Rahmane, a précisé que ce pilonnage pourrait être une riposte aux "assauts lancés généralement le soir contre des barrages de l'armée".

Dans un autre bastion de la révolte, l'armée a violemment bombardé deux quartiers de la ville de Homs dévastée par des mois de violences, tuant six civils, selon l'ONG. Les troupes du régime tentent depuis plusieurs semaines de prendre le contrôle de ces quartiers.

Plus de 13.400 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées en près de 15 mois de révolte, selon l'OSDH. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), cinq journalistes syriens ont été tués fin mai par les troupes régulières.

Une odeur de "chair brûlée" flotte à Al-Koubeir

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Malgré les appels à cesser les hostilités et les condamnations internationales de la violence notamment après le dernier massacre à Al-Koubeir, les troupes du régime ont continué leurs opérations pour étouffer la contestation et les combats entre soldats et rebelles se sont intensifiés.

Mercredi, 55 personnes dont des femmes et des enfants ont été tuées à Al-Koubeir, un hameau de la province de Hama (centre), selon l'OSDH, qui, avec l'opposition, a imputé ce massacre aux "chabbihas", les milices pro-régime. Le régime a lui fait état de neuf victimes tuées par des "groupes terroristes", appellation officielle pour désigner rebelles et opposants.

Après un déplacement de quelques heures sur le site du carnage, le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky a rapporté que les observateurs avaient vu des traces de véhicules blindés et des maisons fortement endommagées par des tirs de roquettes.

"Dans certaines maisons, du sang était visible sur les murs et le sol. Il y avait encore le feu à l'extérieur de certains bâtiments et dans l'air flottait une forte odeur de chair brûlée", a-t-il indiqué, tout en soulignant que les circonstances de l'attaque étaient "toujours peu claires", que le nombre de victimes n'était pas confirmé et que l'enquête se poursuivait.

Mais entretemps, la rébellion armée veut se donner les moyens de combattre le régime alors que la communauté internationale, déjà divisée sur les moyens diplomatiques pour régler le conflit, est réticente à l'idée de lui envoyer des armes.

"Ceux qui prétendent aider l'opposition syrienne devraient commencer par soutenir les gens à l'intérieur de la Syrie", a dit Hussein Sayyed, président du Conseil suprême du commandement de la révolution, une composante de l'opposition, s'exprimant par téléphone lors d'une réunion à Washington au centre de réflexion Rethink Institute.

"Nous demandons seulement (à la communauté internationale) de nous fournir des armes plus sophistiquées, mais personne ne veut le faire", a pour sa part regretté Louay Sakka, un porte-parole du Syrian Support Group, une organisation de soutien à l'Armée syrienne libre (ASL, composée en majorité de déserteurs).

A Istanbul, les instances dirigeantes du CNS, qui rassemble islamistes, libéraux, indépendants, se réunissent samedi et dimanche pour choisir leur prochain chef après la démission de Burhan Ghalioun.

Un "consensus" devrait émerger pour désigner Abdel Basset Sayda, un Kurde indépendant peu connu qui devra surtout faire du CNS un interlocuteur crédible aux yeux de la communauté internationale.

De leur côté, Washington, Paris et Londres préparent un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU incluant une menace de sanctions contre le régime, selon des diplomates. Mais cette résolution risque fortement d'être bloquée comme dans le passé par Pékin et Moscou, alliés de M. Assad.

bur-vl/tp

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