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Torture au Zimbabwe: Mugabe demande à l'ANC d'ignorer une décision de justice

09/06/2012 04:18 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a demandé vendredi à l'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, d'ignorer une décision de justice ordonnant au parquet sud-africain d'ouvrir une enquête sur des accusations de torture d'opposants, des faits qui se sont produits au Zimbabwe en 2007.

M. Mugabe, s'en est directement pris à Hans Fabricius, le juge blanc de Pretoria qui avait rendu le jugement en mai, le qualifiant de "boer" --terme désignant les Afrikaners, et dans sa bouche terme péjoratif envers les Blancs en général-- et l'accusant d'être nostalgique de l'apartheid.

"Ce jugement rendu par un boer (...) constitue une attaque directe de notre souveraineté par des forces sans honte ayant gardé une nostalgie raciste", a-t-il lancé lors d'une réunion des mouvements de libération d'Afrique australe, à Harare.

"Je voudrais exhorter nos collègues de l'ANC en Afrique du Sud à (...) utiliser tous les moyens à leur disposition pour s'assurer que de telles machinations ne soient pas autorisées à affecter négativement nos relations cordiales", a ajouté le président zimbabwéen.

Un tribunal de Pretoria a sommé début mai le Parquet sud-africain d'ouvrir une enquête sur 17 responsables zimbabwéens accusés de torture, afin qu'ils soient arrêtés et poursuivis s'ils pénètrent en Afrique du Sud.

Ces responsables sont accusés d'avoir torturé en 2007 des dizaines de militants de l'opposition après un raid au siège du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), principale formation opposée au président Mugabe.

Arguant des obligations de l'Afrique du Sud vis-à-vis de la Cour pénale internationale (CPI), le Centre des litiges d'Afrique australe (SALC) et le Forum des exilés du Zimbabwe (ZEL) avaient saisi la justice sud-africaine.

Le Parquet sud-africain avait jusqu'à présent refusé d'enquêter sur ces accusations de torture, en raison notamment de préoccupations diplomatiques. Son appel a été rejeté jeudi, ce qui l'oblige à ouvrir le dossier.

Le MDC, formation dirigée par Morgan Tsvangirai qui est maintenant le Premier ministre d'un fragile gouvernement d'union nationale l'associant au camp Mugabe, avait pour sa part salué la décision du tribunal de Pretoria.

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