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Téhéran accuse Ryad de saturer le marché pétrolier avant l'embargo de l'UE

09/06/2012 04:43 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

L'Iran a accusé samedi l'Arabie saoudite, le Koweït et les Emirats arabes unis de "saturer le marché" pétrolier en dépassant leurs quotas de l'Opep pour faire baisser les prix avant l'entrée en vigueur de l'embargo européen contre le pétrole iranien le 1er juillet.

Le représentant iranien au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Mohammad Ali Khatibi, a indiqué à l'agence officielle Irna que Téhéran avait formellement protesté auprès du cartel pétrolier avant sa réunion semestrielle à Vienne le 14 juin.

"Il n'est pas correct que deux ou trois pays compensent (la part de marché) d'un pays qui est sanctionné. Les membres de l'Opep ne devraient pas agir les uns contre les autres", a-t-il déclaré.

"L'Arabie saoudite et deux de ses alliés sont les principaux violateurs (des quotas) de l'Opep", a-t-il ajouté en visant, selon Irna, le Koweït et les Emirats. Leur surproduction "est la principale raison de la chute des prix sur le marché mondial".

M. Khatibi les a accusés d'agir "sous la pression" des Etats-Unis et de l'UE afin d'atténuer l'impact de l'embargo pétrolier décidé par l'UE en janvier dans la cadre de ses sanctions contre le programme nucléaire iranien controversé.

Ryad a fortement gonflé son offre depuis décembre, passant de 9,45 millions de barils par jour (mbj) à plus de 10 mbj en avril, un niveau historique, alors que l'offre iranienne diminuait dans le même temps de 300.000 b/j, selon les estimations de l'Opep.

Deuxième producteur de l'Opep, l'Iran a toujours défendu un prix élevé pour le pétrole dont il tire les deux tiers de ses ressources en devises.

Téhéran avait parié sur le fait que l'embargo de l'UE, qui importait quelque 600.000 b/j de brut iranien, pousserait les prix à la hausse.

Les responsables iraniens avaient tablé sur un baril à 150 dollars, mais après un pic à 128 dollars début mars, le cours du Brent coté à Londres a dégringolé de 25%, sombrant début juin sous 100 dollars.

Les relations entre l'Iran et les monarchies du Golfe sont au plus bas depuis un an, en raison des crises à Bahreïn et en Syrie mais aussi d'un regain de tension autour de trois îles que se disputent Téhéran et Abou Dhabi.

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