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L'avocate de Seif al-Islam Kadhafi devant la CPI arrêtée en Libye

09/06/2012 11:55 EDT | Actualisé 09/08/2012 05:12 EDT

Une avocate australienne chargée de la défense de Seif al-Islam devant la Cour pénale internationale (CPI) a été arrêtée pour avoir tenté de remettre des documents au fils de Mouammar Kadhafi, a-t-on appris samedi de sources concordantes.

La Libye et la CPI se disputent le droit de juger Seif al-Islam, 39 ans, visé par un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes contre l'humanité commis pendant la répression de la révolte populaire qui s'est ensuite transformée en conflit armé et a provoqué la chute puis la mort du colonel Kadhafi en 2011.

Me Melinda Taylor, désignée par la CPI pour assurer la défense de Seif al-Islam, rendait visite à son client, détenu à Zenten depuis son arrestation en novembre par une brigade d'anciens combattants rebelles originaires de cette localité située à 170 km au sud-ouest de Tripoli.

"Au cours de la visite, l'avocate Melinda Taylor a tenté de remettre à l'accusé des documents qui n'ont aucun lien avec l'affaire (de Seif al-Islam) et qui représentent un danger pour la sécurité de la Libye", a déclaré samedi à l'AFP le représentant libyen à la CPI, Ahmed al-Jehani.

Le commandant de la brigade de Zenten, Ajmi al-Atiri, a confirmé lors d'une conférence de presse une "infraction à la sécurité" pendant la visite et que l'avocate était détenue pour les besoins de l'enquête.

Selon M. Atiri, il y a eu à l'occasion de la visite un échange de documents non déclarés, parmi lesquels une lettre de Mohamed Ismaïl, ex-bras droit de Seif al-Islam et actuellement en fuite, une feuille blanche portant la signature du fils Kadhafi et une lettre non signée adressée à la CPI dans laquelle il assure qu'il n'y a pas "pas de gouvernement ni de loi en Libye" et qu'il est "maltraité".

La délégation de la CPI est arrivée jeudi, et Me Taylor a rendu visite à Seif al-Islam accompagnée d'une interprète libyenne, qui a déclaré être infirmière, et qui fait elle-même l'objet d'une enquête parce qu'une fouille a révélé qu'elle avait un appareil photo, selon le chef de la brigade.

M. Atiri a aussi affirmé que le chef du Conseil national de transition (CNT, qui dirige la Libye depuis la chute du régime Kadhafi), Moustapha Abdeljalil, avait appelé à la "libération immédiate" des deux femmes.

Selon M. Jehani, Mme Taylor est détenue à Zenten "dans un lieu de résidence et non dans une prison" et est entendue par les autorités.

Un responsable du ministère des Affaires étrangères, Mohammed Abdelaziz, a déclaré que la Libye allait demander à la CPI de lever l'immunité de l'avocate, afin qu'une enquête officielle puisse être menée: "Je pense que cette femme va rester avec nous pendant un moment, jusqu'à ce que l'imunité soit levée".

"C'est un acte qui met la sécurité nationale de la Libye en danger et nous prenons cela très au sérieux", a-t-il insisté.

Le porte-parole de la CPI à la Haye était injoignable dans l'immédiat pour réagir à cette arrestation. Et contacté par l'AFP, Xavier-Jean Keïta, co-conseil de Seif al-Islam désigné par la CPI avec Mme Taylor, n'a pas souhaité faire de commentaire dans l'immédiat.

Les autorités libyennes, qui souhaitent juger chez eux le fils du dirigeant déchu, ont déposé le 1er mai une requête contestant la compétence de la CPI pour poursuivre Seif Al-Islam, longtemps présenté comme le successeur potentiel de Mouammar Kadhafi et seul fils de l'ancien dirigeant détenu en Libye.

Outre la CPI, les autorités libyennes doivent aussi convaincre les responsables de Zenten de leur livrer Seif Al-Islam si elles entendent le juger. Selon M. Jehani, les ex-rebelles retardent son transfert à Tripoli à cause d'arriérés de soldes non perçus.

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