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La tension est vive en soirée entre manifestants et policiers

09/06/2012 02:43 EDT | Actualisé 09/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Policiers et manifestants en venaient aux prises dans une atmosphère tendue samedi soir, en marge des activités du Grand Prix à Montréal.

Divers regroupements étaient signalés. En début de nuit, le Service de police de Montréal établissait à 28 le nombre d'arrestations, en vertu de différents actes criminels commis en lien avec des règlements municipaux et aussi pour voies de fait contre des agents.

Les policiers de l'anti-émeute, l'unité de contrôle de foule et un contingent de la Sûreté du Québec ont été déployés afin d'éviter des débordements. Des opérations de dispersion se succédaient au centre-ville.

Des projectiles ont été lancés par les manifestants, et les forces policières ont usé de gaz irritants. Une policière qui aspergeait certaines personnes a notamment été poussée au sol.

Des scènes chaotiques mêlaient voitures, motocyclettes, manifestants, passants et forces policières. Un incident impliquant un chauffeur de taxi a aussi blessé légèrement quelques manifestants.

Un groupe nommé Contingent anticapitaliste devait tenter de se greffer à la 47e manifestation nocturne en autant de soirs à Montréal. Cette marche s'est mise en branle peu après 20h30 au parc Émilie-Gamelin, et a rapidement été déclarée illégale puisque la police n'avait pas reçu d'itinéraire.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est par ailleurs à l'affût des menaces potentielles qui circulent sur les réseaux sociaux en marge des activités entourant le Grand Prix du Canada.

Vers 18h samedi soir, une réception précédée d'un tapis rouge à l'Hôtel Le Saint-James, dans le Vieux-Montréal, s'est déroulée sous haute surveillance policière bordée d'un périmètre de sécurité en raison de menaces ayant circulé dans Internet.

La présence policière demeure par ailleurs imposante tant sur le site du circuit Gilles-Villeneuve que sur les lieux des festivités à Montréal et dans le métro.

Plus tôt dans la journée, le SPVM a interpellé trois personnes au métro Berri-UQAM et sur l'Île Notre-Dame, scène principale du Grand Prix de Formule Un du Canada. Elles ont été relâchées en après-midi par les policiers, mais l'une d'entre elles est repartie avec un constat d'infraction en vertu d'une violation de règlement municipal sur les transports en commun. Le SPVM a confirmé que des objets pyrotechniques avaient été retrouvés dans les effets personnels de l'individu.

En après-midi, une cinquantaine de personnes, munies de casseroles, ont tenté de perturber les activités au centre-ville de Montréal. Partis du square Norman Bethune, situé à proximité de l'Université Concordia, ils se sont rendus vers la rue Crescent. Après une halte de plusieurs minutes où ils ont lutté contre de puissants haut-parleurs crachant de la musique rock, ils ont poursuivi leur chemin. Les nombreux policiers qui les escortaient leur ont permis de passer sur la rue Peel. Les manifestants ont continué leur marche sur la rue Sainte-Catherine en se déplaçant vers l'est parmi les nombreux touristes et consommateurs.

Une des manifestants portait une pancarte où on pouvait lire: «Jacques Villeneuve appuie le mouvement étudiant; il chante comme une casserole». Rappelons que lors du cocktail d'ouverture du Grand Prix jeudi soir, l'ex-pilote avait durement critiqué le mouvement étudiant.

En fin d'après-midi samedi, près de 200 personnes ont manifesté à partir du square Philips à l'appel du groupe Action Féministe. Les manifestants se sont notamment arrêtés devant l'hôtel Delta où ils ont lancé des tracs. Les policiers ont laissé certains d'entre eux traverser le site des Francofolies où aucun incident n'a été déploré.

Des touristes plus fascinés qu'importunés

Plutôt que d'effrayer les milliers de touristes présents à Montréal en fin de semaine pour le Grand Prix, ces manifestations semblaient susciter chez la plupart une certaine fascination.

Une foule imposante de curieux s'est d'ailleurs rassemblée pour voir passer les joueurs de casseroles sur la rue Crescent et les prendre en photos. Alors que des commerçants ont déploré que ces protestations nuisent à leurs chiffres d'affaires, plusieurs touristes affirmaient avant les débordements en soirée avoir à peine remarqué la présence des manifestants.

«Je pense que la police est très bien organisée», a estimé Dragan Mlikota, venu de Chicago pour assister à la course.

M. Mlikota, qui a déboursé environ 50 000 $ pour obtenir sa maîtrise aux États-Unis, a dit n'avoir aucun problème avec la lutte contre la hausse des droits de scolarité, mais a admis ne pas comprendre les manifestations contre la course de Formule Un.

«C'est une erreur», a-t-il tranché. «Le Grand Prix ne génère-t-il pas d'importants revenus qui pourraient aider à payer les droits de scolarité?»

De son côté, le Torontois Steven Marshall a affirmé que manifester était une bonne façon de faire valoir ses idées même si cela pouvait causer des inconvénients.

«Tant que personne ne se blesse et tant que les manifestations demeurent pacifiques, je crois que les gens devraient avoir le droit de se rassembler et de faire entendre leurs voix», a-t-il soutenu, ajoutant toutefois que les protestataires ne devraient pas occuper le métro.

«Je crois que personne ne devrait paralyser le système de transport public», a déclaré M. Marshall, disant que les manifestants qui le faisaient ne s'attaquaient pas à la bonne cible en embêtant des gens qui n'avaient rien fait contre eux.

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