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Kaboul soutient que les États-Unis ont mis en péril l'entente de sécurité

09/06/2012 04:14 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

KABOUL - Avec le récent raid aérien unilatéral qui a tué 18 civils afghans, les États-Unis ont mis en péril l'entente de sécurité conclue avec l'Afghanistan, a soutenu samedi le président Hamid Karzaï.

Parallèlement à cet incident, un attentat-suicide revendiqué par les talibans a fait quatre morts dans les rangs de l'armée française, samedi. Les soldats tués répondaient à un appel d'alerte à la bombe cachée sous un pont dans l'est de l'Afghanistan. L'attaque a été commise par un homme revêtu d'une burqa, dans la province de Kapisa.

Ces violences et différends mettent en lumière une relation plutôt malmenée entre Kaboul et la mission internationale de l'OTAN en Afghanistan, au moment où les troupes étrangères délaissent les combats et s'affairent à entraîner l'armée afghane dans un pays pourtant toujours en guerre.

La majorité des pays membres de la mission de l'OTAN et les États-Unis doivent retirer leurs troupes encore déployées en Afghanistan d'ici la fin de 2014.

La France a déjà commencé à accélérer le retour à la maison de ses soldats, et la mort des quatre autres militaires samedi pourrait précipiter davantage ce retrait.

Washington tente de mettre de l'ordre dans les procédures de transition en multipliant les accords sur les détentions, les raids de villages et son engagement à long terme en Afghanistan. La sortie aérienne de mercredi dernier par les forces américaines a toutefois démontré à quel point de telles ententes peuvent rapidement déraper, une fois sur le terrain.

Le porte-parole du président Karzaï, Aimal Faizi, a souligné que ce dernier s'était entretenu avec les enquêteurs et avait conclu que les forces américaines avaient autorisé le raid sans avoir convenu d'une coordination avec les unités afghanes au préalable. Un tel comportement viole les termes de l'entente conclue avec Washington, selon le gouvernement afghan.

Un accord signé en avril par les deux pays prévoit que le gouvernement afghan sera en charge de la plupart des «opérations spéciales», dans une mesure destinée à résorber une partie des tensions qui minent les relations bilatérales depuis un bon moment. Le raid aérien se classe toutefois du côté des décisions unilatérales, a plaidé M. Faizi, ajoutant que les Afghans n'avaient pas été consultés.

Le bombardement, survenu dans la province de Logar, était par ailleurs le cinquième incident des États-Unis à faire des victimes civiles depuis la signature de l'entente sur le partenariat à long terme, a-t-il ajouté.

Le président Karzaï avait déclaré à plusieurs reprises, avant la signature d'accords en avril et mai, que les troupes étrangères risquaient de verser dans «l'occupation».

Par ailleurs, cinq autres soldats ont été blessés samedi, dont trois grièvement, a précisé le président français François Hollande. Transférés à l'hôpital militaire de Kaboul, ils seront rapatriés sous peu. Un hommage national sera rendu aux victimes, a-t-il indiqué.

Les décès de samedi portent à 87 le nombre de soldats français tués dans ce pays depuis le début de l'intervention lancée fin 2001, après les attentats du 11 septembre aux États-Unis.

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