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Attaque au napalm:le 40e anniversaire d'une célèbre photo est souligné à Toronto

09/06/2012 02:37 EDT | Actualisé 09/08/2012 05:12 EDT

TORONTO - La fillette en pleurs fuyant un déversement de napalm pendant la guerre du Vietnam a affirmé, quarante ans plus tard, qu'elle avait cru «mourir de haine» au lendemain du bombardement qui l'a marqué à jamais.

Kim Phuc Phan Thi, dont la photographie avait symbolisé les horreurs du conflit, a déclaré avoir appris au fil dans ans à pardonner les responsables de l'attaque, soulignant toutefois qu'elle n'oublierait pas les terribles conséquences d'une guerre.

La Torontoise d'adoption se trouvait dans la Ville-Reine vendredi pour un événement soulignant les 40 ans du bombardement, survenu le 8 juin 1972 dans le Vietnam du Sud.

Elle n'avait alors que 9 ans, et le cliché du photographe Nick Ut, la montrant nue en train de fuir le déversement de napalm, avait marqué les esprits à l'échelle internationale avant de remporter plus tard un prix Pulitzer.

«Un instant qui a été capturé a transformé l'enfer d'une enfant en une histoire d'espoir et de résilience. Mais je n'oublierai jamais mes deux cousins qui ont été tués dans l'explosion de napalm et je n'oublie pas non plus les millions de victimes innocentes qui doivent vivre leur vie avec la menace, jour après jour, de la violence et de la guerre», a-t-elle raconté, dans une allocution chargée d'émotions.

La Vietnamienne a mis des années à se remettre des blessures physiques et psychologiques subies au cours de l'attaque, a mentionné Kim Phuc Phan Thi vendredi, remerciant du même souffle les journalistes, infirmières, médecins et ses proches qui lui ont porté secours tout au long des années suivant événements.

«Pour me libérer entièrement, je devais apprendre à pardonner. Cela aura été la tâche la plus difficile de toute ma vie, mais j'y suis parvenue», a-t-elle soutenu.

La Vietnamienne qui avait gagné une renommée mondiale avec cette photographie a déclaré qu'il fut un temps où elle voulait s'en cacher, le gouvernement vietnamien s'en étant longtemps servi contre elle.

Kim Phuc Phan Thi s'est peu à peu servie de sa tribune pour tenter d'améliorer son propre environnement, et plus particulièrement le sort des enfants vivant des situations aussi dangereuses que celle à laquelle elle avait échappé.

En 1992, elle s'est établie au Canada avec son mari et habite désormais dans la banlieue torontoise. Kim Phuc Phan Thi a fondé cinq ans plus tard la Kim Foundation International, qui fournit de l'assistance médicale aux enfants victimes de la guerre et du terrorisme.

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