Crise économique: la zone euro pourrait accorder 100 milliards d'euros à l'Espagne pour ses banques

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BRUXELLES - La zone euro met la dernière main samedi à un plan de sauvetage pour les banques espagnoles qui pourrait aller jusqu'à 100 milliards d'euros, même si Madrid n'a pas encore lancé d'appel à l'aide formel.

Les ministres des Finances de l'Eurogroupe ont entamé samedi peu après 16H00 (14H00 GMT) une réunion téléphonique très attendue au sujet de l'Espagne, à laquelle participe également la directrice du FMI, Christine Lagarde.

Objectif: dessiner les contours du plan d'aide pour le secteur bancaire espagnol, asphyxié par son exposition à l'immobilier.

Le montant de cette aide pourrait aller "jusqu'à 100 milliards d'euros", a confié une source gouvernementale européenne. "Mais cela n'est pas encore tranché", a-t-elle souligné.

Un peu plus tôt, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays ne fait pas partie de l'Union monétaire, avait parlé d'un "chiffre dépassant les 80 milliards d'euros", dans une interview à la radio publique SVT.

"Il s'agira en fait d'un des plus grands sauvetages financiers de l'histoire récente", avait-il souligné.

Ce plan d'aide sera le quatrième pour un pays de la zone euro depuis le début de la crise de la dette fin 2009, après la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

Jusqu'ici, Madrid s'est refusé à lancer un appel à l'aide par crainte de se voir imposer, comme la Grèce, un programme qui irait de pair avec des conditions strictes dictées par ses bailleurs de fonds internationaux.

Mais le gouvernement espagnol semble avoir fini par se résigner, a indiqué une autre source gouvernementale européenne, selon laquelle l'aide a déjà été demandée de manière officieuse depuis quelques jours.

Le calendrier s'est accéléré quand le FMI a révélé vendredi soir que les besoins de recapitalisation des banques espagnoles s'élevaient à au moins 40 milliards d'euros. Mais les banques auront vraisemblablement besoin de davantage de fonds pour s'assurer de l'existence d'un "pare-feu crédible" dans le pire des scénarios, a immédiatement prévenu une responsable de l'institution.

La seule contrepartie exigée du gouvernement espagnol serait qu'il assainisse le secteur financier, selon une des sources gouvernementales européennes interrogées, ce qui devrait contenter le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy, qui doit composer avec un chômage de masse et un dérapage des comptes publics, et qui échapperait ainsi à un plan d'austérité.

Une source européenne avait expliqué à l'AFP ces derniers jours qu'"une partie de la conditionnalité pourrait concerner la législation bancaire", qui comporte des particularités comme des prêts personnels d'une durée de 50 ans.

En revanche, le calendrier et le choix de la voie pour recapitaliser les banques espagnoles étaient encore inconnus.

Une solution esquissée cette semaine consisterait à verser directement de l'argent provenant du fonds de secours européen, --le FESF ou le MES qui doit être lancé début juillet--, dans le Fonds public espagnol d'aide au secteur bancaire (Frob). Mais Berlin est resté muet sur cette option qui pourrait mettre la pression sur le secteur financier et non sur le gouvernement espagnol.

Si les marchés sont restés calmes vendredi, la pression est montée d'un cran avec des déclarations de Moody's. L'agence de notation a estimé que l'évolution de la situation en Grèce et en Espagne pourrait l'inciter à abaisser la note de nombreux pays de la zone euro, y compris celle de pays bénéficiant, à ses yeux, de la note maximale "Aaa" comme la France ou l'Allemagne.

Sur le plan politique, les appels se sont multipliés: le président Barack Obama, inquiet pour l'économie de son pays, a pressé ses partenaires européens d'agir rapidement.

"Ce qui mine actuellement les efforts pour conserver l'euro, ce sont les incertitudes et les doutes sur la vision à long terme des hommes politiques et la pérennité de la zone euro", a affirmé de son côté Mme Lagarde dans une interview à la presse allemande.

Un sommet des dirigeants de l'UE, qui doit ouvrir la voie à un renforcement de l'intégration européenne, est prévu les 28 et 29 juin à Bruxelles.

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