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Tunisie/immigration: l'ONU demande à l'Europe "une politique plus nuancée"

08/06/2012 12:20 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

Le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'Homme des migrants, le Canadien François Crépeau, a souhaité vendredi que la politique européenne en matière d'immigration avec la Tunisie soit "plus nuancée" et ne se limite pas aux questions sécuritaires.

"La politique européenne reste centrée sur le contrôle aux fontières (...) J'encourage les autorités européennes à développer une politique plus nuancée et plus équilibrée de coopération migratoire avec la Tunisie", a déclaré M. Crépeau lors d'une conférence de presse à Tunis.

L'UE doit "développer un véritable partenariat centré sur le respect des droits de l'homme des migrants", a insisté le rapporteur, qui a effectué une mission de six jours en Tunisie dans le cadre d'une étude sur la gestion des frontières extérieures de l'UE dans la région méditerranéenne.

"Je félicite les Tunisiens pour les efforts et l'accueil des réfugiés", a par ailleurs déclaré M. Crépeau, en saluant "l'approche flexible, humanitaire" adoptée par Tunis pendant le conflit libyen de février à août 2011, au cours duquel la Tunisie a accueilli jusqu'à un million de réfugiés fuyant la guerre.

"C'est une leçon pour ceux pour qui l'ouverture des frontières est une angoisse profonde", a souligné le rapporteur, en félicitant également les autorités maritimes tunisiennes pour le sauvetage de clandestins en mer: "elles font preuve d'une bonne volonté remarquable face à des vies humaines en danger, attitude que d'autres pays n'ont pas", a-t-il relevé.

Le rapporteur de l'ONU a cependant fait part d'"observations préoccupantes" concernant la politique tunisienne. Il a notamment cité la "criminalisation du passage irrégulier des frontières" et l'"absence d'une procédure adéquate de reconnaissance du statut de réfugié en Tunisie".

Il a recommandé aux autorités tunisiennes de garantir dans la future constitution la protection des droits de l'homme des migrants et l'autorisation d'un mécanisme de visite des lieux de détention.

Il a également souhaité que les pays européens, notamment l'Italie, intensifient leurs recherches sur le sort des Tunisiens disparus en mer, qu'il a estimés à 300.

M. Crépeau se rendra dans les mois qui viennent en Turquie, en Italie et en Grèce, et son rapport général sera présenté au Conseil des droits de l'Homme à Genève en juin 2013.

cf/ej

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