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Syrie: les Occidentaux veulent faire adopter "rapidement" des sanctions (diplomates)

08/06/2012 10:51 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

Les Occidentaux vont tenter de faire adopter "rapidement" des sanctions contre le régime syrien au Conseil de sécurité de l'ONU, ont indiqué vendredi des diplomates.

"Nous allons agir rapidement pour tenter de faire adopter une résolution" sanctionnant Damas, a expliqué un diplomate occidental: "Il y aura une initiative dans les jours prochains pour parvenir à un vote qui inclurait des mesures sous le Chapitre VII de la Charte des Nations unies, ce qui veut dire des sanctions".

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France notamment vont préparer un projet de résolution incluant la menace de sanctions, a précisé un autre diplomate. Ces pays veulent "tirer les conclusions" de la réunion de jeudi au Conseil.

"Nous espérons que les Russes ne s'y opposeront pas et les Chinois sont assez ouverts", a-t-il estimé. Ces deux pays se sont opposés à plusieurs reprises à des sanctions contre leur allié syrien.

Le chapitre VII prévoit des mesures coercitives --par exemple un embargo économique, le blocage d'avoirs financiers, une rupture des relations diplomatiques, voire en dernier recours l'usage de la force-- pour contraindre un pays à se conformer aux décisions du Conseil de sécurité en cas de menace contre la paix.

La Russie et la Chine ont juré de mettre leur veto, en tant que membre permanents du Conseil, à toute intervention militaire en Syrie après l'opération en Libye, où ils considèrent que l'Otan a outrepassé le mandat qui lui avait été donné par l'ONU. Mais ils pourraient se montrer moins intransigeants dans le cas de sanctions économiques, suggèrent des diplomates à l'ONU.

Le médiateur international Kofi Annan avait demandé jeudi au Conseil d'accroître la pression sur le gouvernement syrien afin qu'il respecte son plan de paix, après les massacres de Houla et Al-Koubeir (centre de la Syrie). Le non-respect par Damas de ses engagements "doit avoir des conséquences claires", avait-il affirmé.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait lui aussi lancé un cri d'alarme, estimant qu'une guerre civile totale en Syrie était "imminente".

Au cours de la réunion du Conseil jeudi, le Royaume-Uni et l'Allemagne se sont prononcés explicitement pour des sanctions, selon des diplomates.

L'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant a affirmé ensuite aux journalistes que "l'heure est venue pour le Conseil de soutenir de manière encore plus ferme le plan (Annan), y compris par une résolution sous chapitre VII avec un calendrier clair et des sanctions en cas de non-respect".

Son homologue allemand Peter Wittig a lui aussi préconisé "une résolution sous chapitre VII impliquant des sanctions" tandis que les représentants américain et français étaient moins explicites.

L'ambassadrice américaine Susan Rice a souhaité que "le régime syrien subisse des conséquences pour son non-respect" du plan Annan. Pour le chargé d'affaires français Martin Briens, il faut "passer à la vitesse supérieure" pour s'assurer que Damas "mette en oeuvre ses engagements et s'il ne le fait pas, qu'il en subisse les conséquences".

Cette question devrait aussi être évoquée en marge du sommet du G20 à Los Cabos, au Mexique, les 18 et 19 juin.

avz/mdm

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