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Standard and Poor's menace les Etats-Unis d'un nouvel abaissement de note

08/06/2012 05:05 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

L'agence d'évaluation financière américaine Standard and Poor's (S&P) a confirmé vendredi la note de solvabilité AA+ qu'elle accorde aux Etats-Unis, mais elle a menacé de l'abaisser une nouvelle fois d'ici à 2014.

L'agence confirme ainsi la note qu'elle attribue au pays depuis son coup de tonnerre d'août 2011, quand elle avait privé l'Etat fédéral américain de son "triple A", et maintient la perspective "négative" qu'elle lui associe.

"Cette perspective négative témoigne de notre opinion selon laquelle le risque de crédit sur la dette publique des Etats-Unis, de nature essentiellement politique et budgétaire, pourrait augmenter jusqu'à nous conduire à abaisser d'ici à 2014 la note AA+ que nous attribuons à la dette à long terme du pays", écrit l'agence dans un communiqué.

S&P ajoute que "l'exécution budgétaire", "le poids de l'endettement" des Etats-Unis et "la baisse récente de l'efficacité, de la stabilité et du caractère prévisible de leur législation et de leurs institutions politiques, en particulier en ce qui concerne la direction de la politique budgétaire", sont des éléments susceptibles d'affaiblir la cote de crédit de l'Etat fédéral américain.

D'un autre côté, "la capacité de résistance de l'économie" américaine, la "crédibilité de la politique monétaire" des Etats-Unis et "le statut de monnaie de réserve internationale clef" dont jouit le dollar américain soutiennent le niveau actuel de la note du pays, la deuxième plus haute possible, indique l'agence.

La dette publique américaine atteignait officiellement plus de 15.733 milliards de dollars jeudi soir, soit plus de 100% du PIB des Etats-Unis. Selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international, le ratio américain de la dette au PIB devrait monter à 111,9% fin 2014.

L'avertissement de Standard and Poor's survient alors que la perspective de ce qu'il est désormais convenu d'appeler le "mur budgétaire" commence à inquiéter sérieusement. Cette image fait référence à l'obstacle auquel risque de se heurter le pays début 2013 en l'absence d'accord au Congrès sur la façon de réduire la dette publique.

Dans ce cas, un certain nombre de mesures de relance et de réductions d'impôt expireront en même temps qu'entreront en vigueur des baisses automatiques des dépenses publiques.

Le président de la banque centrale (Fed), Ben Bernanke s'est inquiété jeudi devant des élus des conséquences d'un tel scénario pour la croissance.

Selon diverses estimations, la baisse de la contribution économique de l'Etat qui résulterait de cette contraction budgétaire pourrait être comprise entre 3 et 5% du PIB.

Mais S&P indique faire confiance aux élus américains, à l'heure où le chômage atteint 8,2% et où la reprise économique du pays est encore fragile, "pour éviter une brusque contraction budgétaire".

Le Congrès est actuellement paralysé par les dissensions entre le camp démocrate du président américain Barack Obama et l'opposition républicaine, qui tient la chambre basse, sur la façon de réduire l'endettement du pays, et les plans d'action véritables sont toujours remis à plus tard.

Pour S&P, il est "peu probable" que les élections présidentielles et législatives de novembre 2012 permettent de "résoudre" la question de la dette.

Au contraire, note l'agence, "si comme le prévoient actuellement les experts, le scrutin est serré", cela risque de réduire encore un peu plus la tendance des deux camps à collaborer, déjà très faible".

S&P indique qu'il y a une chance sur trois qu'elle abaisse la note des Etats-Unis à moyen terme.

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