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FrancoFolies 2012: Samian, en concert les 8 et 15 juin

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MONTRÉAL - En français et en métis, Samuel Tremblay, alias Samian, poursuit son combat contre l'ignorance, l'injustice et l'indifférence. Avec les mots et la musique comme armes, il est la voix d'une génération nouvelle et aussi celle de la jeunesse algonquine en mal de vivre. Il chantera aux Francos les morceaux de son album, nommé hip-hop de l'année ADISQ 2010, Face à la musique.

C'est entouré de Sola (chœurs), DJ Horg, François Lalonde (batterie) et Jonathan Tobin (claviers et guitares) que l'auteur-compositeur-interprète compte offrir, sur la scène Ford, son disque qu'il dit « sorti du cœur ».

« Ce sera un show hip-hop live band organique avec beaucoup d'énergie. Je vais surtout jouer les pièces de mon deuxième album. Nous aurons aussi la visite des membres de Loco Locass, qui vont interpréter avec moi La paix des braves », chanson écrite ensemble en 2006, qui aborde l'histoire des Amérindiens depuis la venue des Blancs. « Je vais aussi leur rendre la pareille pour leur spectacle du 15 juin », précise-t-il.

« J'ai aussi demandé à deux danseurs traditionnels algonquins du Lac-Simon de faire une performance », poursuit l'artiste. « Ils sont hallucinants ! Le reste du temps, tu sais, je vais faire ce qu'on attend de moi, un concert bien senti, du rap conscient, qui parle, s'investit, dénonce... »

Un modèle

Révélation Radio-Canada musique 2010-2011, Samian avoue en entrevue que c'est une quasi obligation de témoigner d'une réalité qui l'inquiète et le nourrit à la fois : « Je chante ce que je vois. Et d'où je viens, ce n'est pas toujours beau. Je sens même une certaine pression. Je représente une icône pour de nombreux jeunes autochtones, qui manquent visiblement de modèles dans les réserves. Des adultes prénomment même leurs bébés Samian en mon honneur. C'est fou ! Ça me touche et j'en suis reconnaissant. Ça me pousse à continuer. Mon engagement (sa chanson) dans l'affaire du Plan nord, quelque part, de ce désir de m'impliquer pour les miens et pour l'avenir de nos enfants au Québec. »

Il faut dire que le parcours du chanteur est particulier. Bien qu'il soit né en 1983 à Pikogan (village de 600 personnes), en Abitibi, il a quitté la réserve à l'âge de 12 ans pour vivre dans différentes villes du Québec. Ne parlant plus sa langue maternelle, il dû la réapprendre avec l'aide de sa grand-mère... Symbole fort qui en fait le premier rappeur à s'exprimer en français et en algonquin.

Boucane

Ces temps-ci, Samian ne fait pas que dans la musique. Il terminera la semaine prochaine le tournage (à Montréal et à la Baie-James) du long métrage de fiction Roche papier ciseaux, du réalisateur Yan Lanouette Turgeon.

Scénarisé par André Gulluni et Lanouette Turgeon, le film nous plonge dans les destins de trois hommes qui ont chacun leur histoire, mais sont tous liés à un chef mafieux (Chau) : Vincent (Roy Dupuis), médecin radié qui a une dette envers des Chinois malfaisants, Lorenzo (Remo Girone), vieil Italien cherchant à exaucer les dernières volontés de sa femme mourante, et Boucane (Samian), jeune Autochtone qui a quitté sa réserve. Au fil du récit, chacun essaie de s'en sortir.

« Je me suis investi à fond, d'autant plus que ce sont tellement des bons comédiens, raconte Samian, visiblement emballé par le projet. « Jouer aux côtés de Roy Dupuis, par exemple, pour une première expérience, c'est impressionnant. J'étais comme un enfant au début. On m'a dit que je suis bon comme acteur. Ça reste à voir à l'écran. J'avais une lourde responsabilité. Boucane, est comme le cœur du film. Et les scénaristes se sont inspirés de moi pour écrire le personnage... »

Samian sera en concert ce soir, à 20 h. Il sera aussi invité à chanter durant la prestation de Loco Locass, le 15 juin, en soirée.

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