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Obama, inquiet de la crise, souligne qu'il est urgent d'agir en Europe

08/06/2012 04:52 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

Le président Barack Obama, inquiet des conséquences de la crise européenne sur l'économie américaine, a pressé vendredi ses partenaires d'outre-Atlantique d'agir rapidement en consolidant leur système bancaire et en coordonnant davantage leur politique budgétaire.

"Les dirigeants (européens) se rendent compte de la gravité de la situation et savent qu'il est urgent d'agir", a déclaré M. Obama à la Maison Blanche, une semaine après la publication de mauvais chiffres du chômage pour le mois de mai.

Ces statistiques ont montré une nette baisse du rythme des créations d'emploi et fait craindre un essoufflement de la reprise. Si elle se confirmait, cette tendance serait de mauvais augure pour la réélection de M. Obama le 6 novembre.

D'autant que l'agence d'évaluation financière Standard and Poor's (S&P) a confirmé vendredi la note de solvabilité AA+ qu'elle accorde aux Etats-Unis et menacé de l'abaisser une nouvelle fois d'ici à 2014. En août 2011, S&P avait privé -- véritable coup de tonnerre -- Washington de son "triple A".

L'évolution de la situation de la Grèce et de l'Espagne pourrait en outre inciter une autre agence de notation, Moody's, à abaisser la note de pays de la zone euro, y compris la France ou l'Allemagne.

La situation en Europe "peut avoir des conséquences pour nous, parce que l'Europe est notre plus important partenaire commercial", a noté le président Obama, tout en assurant qu'aux Etats-Unis, "le secteur privé se porte bien" et que ce sont les collectivités locales et le secteur de la construction qui peinent.

Face à la bronca provoquée par ces propos chez les républicains, M. Obama a ensuite reconnu que l'économie américaine "ne se porte pas bien" mais persisté à dire que "nous avons été témoins d'un mouvement positif dans le secteur privé".

M. Obama, qui a parlé ces derniers jours avec plusieurs dirigeants du Vieux Continent, dont encore vendredi le président français François Hollande, a estimé qu'il y avait "des mesures spécifiques que nous pouvons prendre tout de suite pour éviter que la situation ne se détériore" en Europe, notamment "la stabilisation du système financier".

"Il faut agir au plus vite pour injecter des capitaux dans les banques en difficulté", a plaidé le président des Etats-Unis, au moment où se pose avec acuité la question d'un sauvetage européen des banques espagnoles qui, selon un rapport du FMI publié vendredi, ont besoin d'au moins 40 milliards d'euros de recapitalisation.

"Les décisions qui doivent être prises sont difficiles, mais l'Europe a la capacité de les prendre", a assuré M. Obama, qui a toutefois refusé de s'engager sur des mesures d'aide concrètes.

Il a suggéré aux responsables européens de "mettre en place un cadre et une vision à long terme en faveur d'une zone euro plus solide, en collaborant davantage en matière de politique budgétaire et bancaire".

A propos de la Grèce, qui doit retourner aux urnes le 17 juin, il a estimé que les difficultés de ce pays seraient "sans doute pires" s'il devait abandonner l'euro.

Afin de compenser l'impact sur l'économie des Etats-Unis des difficultés de l'Europe, M. Obama a appelé le Congrès à "réexaminer" son plan pour l'emploi présenté en septembre et largement resté lettre morte.

"Il s'agit de mesures que nous pouvons prendre tout de suite afin de remettre davantage de gens au travail", a souligné M. Obama.

La plupart des mesures de ce plan ont été bloquées à la Chambre des représentants, où les adversaires républicains du président détiennent la majorité. Ils se sont en particulier opposés à leur financement par un accroissement de la pression fiscale sur les plus aisés.

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