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Les Loco Locass ne sont pas morts, vive le Québec

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LOCO LOCASS
(Crédit photo: Loco Locass) | Loco Locass

Papier et crayons n’étaient pas rangés. L’idée de faire de la musique n’était pas non plus entreposée quelque part au fin fond de leur cerveau… Les Loco Locass laissaient seulement l’album se construire au fil du temps et de leurs cris du cœur. «Il faut vraiment que ça nous fasse mal, que ça nous brûle; quand un sujet nous dérange, l’inspiration vient à nous naturellement», expliquait Chafiik d’entrée de jeu. Le trio est donc bien loin d’être disparu. Au contraire, ce qu’il nous propose avec leur nouvel album Le Québec est mort, vive le Québec! est encore plus mordant et engagé que le contenu des parutions précédentes.

100% politique

Même les pièces qui a priori sembleraient plus légères renferment en profondeur des thématiques graves, Le But étant un bon exemple du second degré que transmettent leurs textes. Le Québec est mort, vive le Québec! ne fournit pas de chansons telles Maison et Idéal, Spleen et Montréal ou encore Bonzaïon. Leurs prises de position sont exposées du début à la fin de la galette. «Les conséquences de la situation politique dans ce disque-là sont nommées d’une manière qu’elles n’étaient pas nommées avant, c’est-à-dire que maintenant, on n’a pas hésité à faire par exemple, un lien entre un taux de suicide extrêmement élevé au Québec et une situation politique qui est irrésolue et insoluble », mentionnait Batlam.

En ce sens, vous entendrez dans Occupation Double, la voix d’André «Dédé» Fortin lors du référendum de 1995, transpercé et déconstruit par les résultats et tourmenté par l’avenir du Québec. «On est tous convaincu que la situation politique d’une collectivité finit par affecter les individus qui la composent. Juste à penser à Hubert Aquin ou Dédé Fortin. La seule façon de s’en sortir c’est ensemble. Individuellement, on va tous mourir, mais collectivement, quand on dit ‘Vive le Québec’, le Québec va durer tout le temps qu’on va être ensemble», a renchérit Biz.

De la trahison à l’unisson

Si l’indépendance est toujours au centre des propos des Loco Locass, le nouvel effort traite aussi de questions comme les accommodements raisonnables, l’anglicisation, le suicide, l’avarice, les empires médiatiques, le cynisme et l’insatisfaction perpétuelle des Québécois. Les fans de la formation apprécieront à coup sûr la sensible Kevin et Gaétan racontant l’histoire d’un jeune homme et de son père pris d’un problème de jeu compulsif. Ils seront touchés par le puissant cri de douleur à la fin de Les Géants… Un «Québeeeeeeeeeeeec» chanté avec tant de conviction et de vigueur donne des frissons dès la première écoute. Le disque prend un peu plus de rythme avec Du Joufflu, Secondaire et Le Mémoire de Loco Locass, une pièce aux paroles extrêmement accrocheuses et rassembleuses qui résume ce que le groupe aurait souhaité dire à la Commission Bouchard-Taylor.

Vive la jeunesse, vive le carré rouge !

Pure coïncidence, la sortie du disque se fait avec, en trame de fond, une crise sociale historique au Québec. Les Loco Locass appuient les étudiants sur toute la ligne. Ils remercient les jeunes de les inspirer jour après jour par leur éveil et leur intelligence. « Ils connaissent le pouvoir de la rue, ils veulent la démocratie », disait Biz. Et lorsqu’on leur a demandé s’ils ressentent plus d’inquiétude ou de stimulation relativement à ce conflit, ils portent à croire que la solidarité et la collectivité sont plus fortes que tout. «L’inquiétude génère de la stimulation» a affirmé Batlam, «enfin, le peuple dit que le gouvernement est illégitime et il le dit haut et fort». «Le gouvernement m’inquiète de plus en plus et la jeunesse me stimule de plus en plus», ajoutait Chafiik.

Libérez-nous des libéraux, huit ans plus tard

« On a remarqué qu’on avait aucune influence», a lancé Chafiik à la blague, constatant que le morceau est toujours d’actualité même après huit ans. Faisant référence au troisième couplet de la chanson, Batlam s’étonnait de voir que le groupe appelait à un tintamarre alors que «c’est en plein ce qui se passe en ce moment !». Quant à Biz, il aurait préféré «que la toune dure deux semaines, puis qu’on n’entende plus jamais parler des libéraux». «N’attendez de nous aucune solidarité, les verts vous êtes marqués au fer rouge.», a-t-il déclaré en conclusion.

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