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Ligue de diamant/Oslo - Bolt et le problème non résolu

08/06/2012 06:32 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

Usain Bolt a-t-il des problèmes? La mégastar mondial du sprint a certes encore gagné sur 100 m jeudi soir à Oslo, en 9 sec 79/100e, un chrono excellent dans la fraîcheur norvégienne, mais l'exécution technique de sa course l'a laissé une fois de plus décontenancé.

Cela devient une antienne pour le triple champion olympique que de se focaliser sur ce qui apparaissait autrefois comme des détails négligeables.

Au Bislett, ce sont les cales des blocs de départ, ces +pédales+ donnant l'impulsion au départ, qui ont fait réagir le triple champion olympique.

"Je pense qu'on doit revenir aux anciens blocs. Je suis mal à l'aise avec les nouveaux, les cales sont un peu petites pour moi. J'ai un grand pied, du 48", a indiqué Bolt.

"A Rome (9.76 le 31 mai), j'avais trouvé la solution, pas ici. Il faut revenir aux anciennes cales, plus longues, pour que je puisse exécuter mieux l'impulsion. Et j'espère que ce ne seront pas les mêmes blocs pour les Jeux de Londres", a poursuivi le Carabéen.

Un 100 m n'est pas qu'une épreuve de force même si on l'avait oublié au temps de la splendeur du roi, quand Bolt pouvait se permettre de fêter son or olympique de Pékin 20 mètres avant l'arrivée, tout en battant le record du monde (9.69).

"Le problème?", c'est que Bolt n'a jamais été un exemple de technique "à montrer dans les écoles", résume un entraîneur. "Mais il était au-dessus du lot à Pékin et aux Mondiaux de Berlin, où il avait abaissé le record à 9 sec 58".

Une olympiade plus tard, en raison de problèmes dorsaux notamment, Bolt n'a plus la même force dévastatrice, d'où le besoin identifié par son entraîneur Glen Mills d'une meilleure science de la course.

La solution, pour garder son avantage? Il lui faut interpréter au plus juste les différentes phases et transitions de la course, comme un patineur sur glace ou un gymnaste.

A Oslo, où il n'a dépassé son compatriote Asafa Powell qu'à 15 mètres de l'arrivée, Bolt a avoué un défaut de sa cuirasse. "Je ne suis pas dans une forme telle que je puisse affirmer être invincible. Je m'emploie pour atteindre ce niveau (d'invulnérabilité)".

Puis la +Foudre+ a affiché de go une sérénité dont on ne sait si elle est d'opérette. "Il faut que je travaille encore plus pour bien calibrer ma foulée. La bonne chose, ce soir (jeudi), c'est que je sais comment réagir quand je suis en difficulté et je suis parvenu à doubler Asafa à la fin".

Champion olympique du 100 m en 2000 à Sydney, l'Américain Maurice Greene est persuadé que Bolt, "qui ne monte pas très haut les genoux", reste vulnérable s'il est à la lutte.

Et le danger vient de son propre camp. Plus que Powell, désormais adoubé (11 défaites pour une victoire dans les duels), Bolt craint son jeune partenaire Yohan Blake.

On attend la réponse du cadet, engagé ce samedi sur la ligne droite du meeting de New York.

asc/bvo

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