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Le portrait, l'image du sujet et son exécution: expo au musée Magnin, à Dijon

08/06/2012 11:17 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

DIJON, France - À l'heure où la photographie officielle du président François Hollande suscite de nombreuses interprétations, l'exposition «Étrange visage, portraits et figures de la collection Magnin» illustre ce débat du sens du portrait, de l'image du sujet et de son exécution.

À partir d'une centaine de peintures et de dessins issus de la collection Magnin du musée éponyme de Dijon, «Étrange visage» démontre comment un art très codifié en dit long sur le sujet qu'il représente, son milieu, son époque et sur l'infinie richesse du visage humain.

Du portrait empesé d'un homme en tenue d'officier à celui d'une courtisane exposant ses charmes, les toiles choisies par Rémi Cariel, commissaire de l'exposition et directeur du musée, offrent une agréable et instructive promenade dans l'histoire de la peinture européenne, principalement du XVIIIe et XIXe siècle, dégagée du poids des grands maîtres ou des chefs d'oeuvre.

Collectionneurs peu connus, les Magnin ont réuni, dans leur hôtel particulier transformé en musée, des portraits en majorité de personnes «ordinaires», choisis avec un souci de «vérisme», explique Rémi Cariel, qui a pioché dans le millier de pièces que compte l'ensemble de la collection, dont la moitié est habituellement en réserve.

«Le fil directeur m'est venu en voyant la collection, qui comprend beaucoup de visages à mi-buste», souligne Rémi Cariel. Mais pour ne pas «s'ennuyer» en regardant une galerie de portraits, le commissaire, qui a sélectionné les oeuvres de cette collection atypique riche d'un millier de pièces, a voulu confronter des toiles «qui n'ont rien à voir chronologiquement et artistiquement» comme la série des visages tournés vers le ciel («regards obliques») qui «donne à voir à travers comment, à travers les siècles, la problématique de la lumière s'est posée au peintre».

Loin de certains portraits officiels de personnalités, où le sujet est souvent embelli par le peintre, ou des études pour de grandes peintures, certaines toiles surprennent et semblent tellement éloignées des canons esthétiques qu'elles restent dans les réserves (section Beauté en question), tel que ce «Portrait de femme» de Louis-Alphone Galbrund (1845) d'une femme en noir, cheveux lâchés, cou épais et épaules dodues dont les traits grossiers paraissent forcés.

Certains tableaux inégaux dans leur composition, recèlent une finesse extrême dans les détails, particulièrement frappante dans la section «Chevelure, vêtements et accessoires», qui livre également un témoignage sur la mode de l'époque.

Et se glissent avec humour quelques photographies de Virginie Marnat Leempoels, qui invitent à découvrir les peintures sous un autre angle.

«Étrange visage, portraits et figures de la collection Magnin» sera présenté du 7 juin au 7 octobre au musée Magnin, à Dijon.

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