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JO-2012 - Dans le flou, Hooker débarque dans le Nord pour mieux voir Londres

08/06/2012 12:38 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

Le champion olympique en titre de saut à la perche, l'Australien Steve Hooker, débarque samedi dans le Nord pour le meeting de Villeneuve-d'Ascq sans aucune assurance quant à son niveau, alors que les Jeux de Londres approchent à grand pas.

Au moins est-il sûr de pouvoir défendre son titre: en franchissant 5,72 m le 12 mai à Perth (Australie), Steve Hooker s'est enlevé une belle épine du pied en réussissant les minima. Mais il n'a pas pour autant mis fin au doute qui l'habite depuis son dernier titre d'envergure, les Mondiaux-2009 de Berlin.

Mais depuis, Hooker avance masqué, sans doute bien involontairement. A vrai dire, il n'avance même pas du tout depuis qu'il a réussi ces minima et l'athlète de 29 ans aux cheveux bouclés n'en finit plus de décevoir.

A Shanghai le 19 mai, il a été balayé par les conditions dantesques (pluie et vent) qui se sont abattues sur la mégapole chinoise: résultat, un zéro pointé avec trois échecs à 5,30 m.

La semaine dernière à Rome, il a grimpé bien difficilement à 5,42 m. Pas franchement réjouissant.

Enfin, cette semaine, il participé à un concours de rue en Allemagne, à Munich, où il n'a pu faire mieux que 5,20 m. Inquiétant.

Dès lors, forcément, ressurgissent les questions entourant son mental. Car cet hiver, Hooker a carrément tiré un trait sur sa saison, consterné par son manque de confiance.

"Mon pilote-automatique ne fonctionne pas en ce moment", avait confié Hooker dans une incroyable confession publiée dans le quotidien australien le Daily Telegraph.

"C'est la manière la plus simple d'expliquer la situation dans laquelle je me trouve actuellement et la raison pour laquelle je ne vais plus concourir à la maison cette année. Je suis nerveux car je veux désespérément défendre ma couronne à Londres", expliquait-il.

Blessures récurrentes ---------------------

Le champion olympique y revenait aussi sur ses problèmes physiques récurrents, qui l'ont empêché d'aligner des performances régulières depuis trois ans.

Hooker avait déjà connu une année 2011 très difficile, gâchée par une blessure au genou, dont les Mondiaux de Daegu ont été le symbole, avec trois échecs à 5,50 m et une élimination sans gloire dès les qualifications.

"Avoir ce doute à propos de mon corps était comme un démon dans ma tête et ça compliquait mes pensées au moment de sauter, ce qui est un désastre pour un perchiste. La confiance dont j'ai besoin pour me retrouver au bout de la piste d'élan, piquer en bas, planter ma perche et puis m'envoler à presque six mètres de hauteur dans les airs m'a quitté pour le moment", avouait-il totalement désabusé.

Depuis, Hooker a tout de même retrouvé du poil de bête, s'enhardissant en s'entraînant dans un entrepôt désaffecté des chemins de fer dans la banlieue de Perth.

Mais quel est son véritable niveau ? "Hooker sera bien là aux JO", prophétise le Français Renaud Lavillenie, qui domine actuellement la discipline. A Villeneuve-d'Ascq, l'Australien doit surtout montrer qu'il est sur le bon chemin.

fbr/jde

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