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Euro-2012: Varsovie attend fébrilement le match d'ouverture

08/06/2012 06:41 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

Varsovie attendait fébrilement vendredi le match d'ouverture de l'Euro-2012 de football (18h00 locales, 16h00 GMT), en se préparant à la fête dans la "fanzone" susceptible d'accueillir 100.000 supporteurs au coeur de la capitale polonaise.

Le coup d'envoi du tournoi co-organisé par la Pologne et l'Ukraine doit être donné avec le match Pologne-Grèce à Varsovie, tandis que les Russes affronteront les Tchèques à 20h45 à Wroclaw (sud-ouest).

"C'est peut-être l'unique évènement de cette importance dans notre vie, ça valait la peine de venir", estime Tomasz Woldan, un informaticien de 33 ans alors que près de 60.000 supporteurs sont attendus vendredi dans la capitale polonaise.

"L'atmosphère est de plus en plus chaude", souligne Karol Niedbal, 27 ans, employé d'une société pharmaceutique, brandissant son écharpe aux couleurs du drapeau polonais blanc et rouge.

Son pronostic pour ce soir: "la Pologne évidemment". Mais il pense que l'Allemagne a le plus de chances de gagner en finale.

Face à la Grèce vendredi, la Pologne se veut sereine. "Nous croisons les doigts pour notre équipe et nous voulons l'encourager le mieux possible", a déclaré devant la presse la ministre polonaise des Sports Joanna Mucha.

Parmi les supporteurs polonais, Rajest Kumar, travailleur social, 52 ans, né en Ouganda et résidant en Pologne depuis 16 ans. Il souligne que l'Euro-2012, "est une bonne chose pour le pays". "Les gens vont mieux connaître la Pologne, un pays hospitalier, sûr et amical", ajoute-t-il.

D'autres fans se préparent à la fête un peu plus loin, au pied du Palais de la culture de Varsovie, un gratte-ciel massif dans le plus pur style stalinien, symbole du communisme financé et construit par l'URSS au lendemain de la Deuxième guerre mondiale.

Le poids de l'Histoire pèse également sur l'Euro-2012, un tournoi historique puisqu'il s'agit du premier de cette envergure à se dérouler à l'Est depuis la chute du Mur de Berlin.

Quatre Français, étudiant en Lituanie, et de passage à Varsovie pour l'Euro, s'apprêtent à suivre les matches dans la fanzone.

"C'est la France qui va gagner. Il n'y a pas trop de suspense", assure Pierre Leconte, 22 ans.

Au total, la Pologne se prépare à accueillir entre 700.000 et un million de fans.

Mais la fête a déjà été un peu gâchée à Cracovie (sud) par "les cris de singe" adressés à des joueurs de couleur des Pays-Bas. "On a tous entendu des cris de singe", a assuré Mark van Bommel, capitaine des Pays-Bas, dans un entretien vendredi au journal néerlandais De Telegraaf, confirmant des cris racistes pendant un entraînement, en dépit du démenti de l'UEFA.

La ministre polonaise des Sports a voulu calmer le jeu vendredi.

"Cet incident a été éclipsé par 24.000 supporteurs qui ne l'ont pas soutenu et qui se sont opposés à ce que faisait un petit groupe. J'espère que c'est justement cela qui a été retenu par les joueurs", a-t-elle déclaré devant la presse.

Marcin Herra, chef des organisateurs polonais, a indiqué son intention d'en "discuter" avec l'UEFA pour "connaître l'ensemble de la situation, afin d'éviter l'escalade de ce genre de sujets".

"Si de tels comportements devaient se reproduire dans les futures séances d'entraînement, l'UEFA évaluera les mesures à prendre pour protéger les joueurs", a averti l'instance européenne du football qui n'entend cependant pas donner une ampleur disproportionnée à ces incidents isolés.

Par ailleurs, des militantes du groupe féministe ukrainien Femen, venues manifester seins nus, malgré la pluie, devant le stade vendredi après-midi, pour dénoncer la prostitution et le tourisme sexuel, ont été immédiatement neutralisées par la police.

En Ukraine, qui co-organise le tournoi, les soucis viennent des boycotts politiques des gouvernements, comme la France ou la Grande-Bretagne, en signe de soutien à l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko détenue à Kharkiv, une des quatre villes-hôtes de l'Euro.

Pour le match Pologne-Grèce, 30.707 tickets ont été vendus à des supporteurs polonais, 4.293 à des Grecs et 962 à des Allemands.

Pour le match Russie-République tchèque à Wroclaw, 11.788 tickets ont été vendus à des supporteurs polonais, 10.006 à des Russes et 6.809 à des Tchèques.

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