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Euro-2012: France et Royaume-Uni chefs de file du boycott de l'Ukraine

08/06/2012 09:00 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

La France et le Royaume-Uni sont les chefs de file du boycott politique de l'Ukraine, co-organisateur avec la Pologne de l'Euro-2012 de football, pointée du doigt pour le sort réservé à l'opposante Ioulia Timochenko, incarcérée depuis août et condamnée à sept ans de prison.

Dès le 31 mai, la ministre française de la Jeunesse et des Sports Valérie Fourneyron avait enclenché le mouvement en annonçant qu'"aucun membre du gouvernement ne sera aux matches en Ukraine", où l'équipe de France joue ses trois rencontres du groupe D.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a pris cette décision "au regard de la préoccupation qui est la nôtre du respect des valeurs européennes et notamment à la lumière de la situation de Mme Timochenko", avait expliqué Mme Fourneyron.

Jeudi, Londres a suivi cette ligne en annonçant qu'aucun "ministre britannique n'assistera aux trois matches de poule de l'Angleterre", qui joue dans le même groupe que la France en Ukraine.

Les Britanniques ont tempéré en indiquant qu'ils gardent "à l'étude la possibilité d'assister aux phases suivantes du tournoi en fonction du programme chargé des ministres avant les jeux Olympiques et des inquiétudes généralisées concernant la justice sélective et l'Etat de droit en Ukraine", a déclaré le Foreign Office.

Autre pilier européen, l'Allemagne a précisé que la chancelière Angela Merkel n'a pas non plus prévu d'assister à un match de poule en Ukraine. Selon le président de la Fédération allemande (DFB), Wolfgang Niersbach, seul l'ambassadeur d'Allemagne, Jürgen Heimsoeth, assistera à l'entrée en lice de la Mannschaft, samedi, face au Portugal à Lliv (groupe B).

Parmi les autres pays qui joueront en Ukraine, la Suède, par la bouche du Premier ministre Fredrik Reinfeldt, avait annoncé début mai que "la situation politique en Ukraine constituait un obstacle" à un éventuel déplacement.

Pour le Danemark, le ministre de la Culture Uffe Elbaek doit assister au premier match de son équipe en Ukraine, samedi contre les Pays-Bas. Mais il compte en profiter pour s'entretenir avec l'opposition locale. Et c'es la ministre des Sports Edith Schippers qui représentera le gouvernement néerlandais à cette rencontre du groupe B.

A l'opposé des Français et des Britanniques, le gouvernement portugais avait pris position contre le boycott lors d'une réunion des chefs de la diplomatie des pays de l'UE, le 14 mai à Bruxelles. "Il s'agit d'un événement avant tout sportif qui, de notre point de vue, ne doit pas être contaminé par la politique", avait alors déclaré le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Portas.

La situation est évidemment plus confortable pour les pays qui jouent le 1er tour en Pologne.

Le président de la République italienne Giorgio Napolitano doit ainsi assister au match Italie-Espagne dimanche à Gdansk. Interrogé par l'AFP vendredi, le ministère italien des Affaires étrangères n'a pas été en mesure de fournir, dans l'immédiat, une réponse sur l'attitude qu'adopteraient les représentants du gouvernement italien si la Squadra Azzurra était qualifiée pour des matches se jouant en Ukraine.

La Grèce attend, elle, les élections législatives du 17 juin, et le gouvernement intérimaire ne s'est pas prononcé, sachant que l'équipe nationale joue elle aussi ses trois rencontres du groupe A en Pologne.

La Croatie avait déjà donné une idée de sa position dès la mi-mai puisque le chef de l'Etat, Ivo Josipovic, avait alors annulé sa participation à une réunion entre présidents des pays d'Europe centrale à Yalta, en raison de la situation des droits de l'Homme en Ukraine.

Pour l'Union européenne et son président Herman Van Rompuy, un boycott n'était "pas d'actualité" le 1er juin.

Parmi ses "amis", l'Ukraine peut compter sur la Russie et Vladimir Poutine. Le président russe, qui s'est dit opposé à un "boycott des événements sportifs pour des raisons politiques", a par ailleurs proposé à plusieurs reprises de transférer Mme Timochenko en Russie pour un traitement médical.

De même, la République tchèque ne s'est pas associée au mouvement enclenché par Paris. Tout comme le co-organisateur polonais, solidaire de l'Ukraine sur ce point. Le président Komorowski accueillera d'ailleurs son homologue Ianoukovitch à Varsovie vendredi pour le match d'ouverture de l'Euro entre la Pologne et la Grèce.

bur-ep/ol/sk

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