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Euro-2012 - Pays-Bas - Van Bommel: "on a tous entendu des cris de singe"

08/06/2012 03:10 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

"On a tous entendu des cris de singe", assure Mark van Bommel, capitaine des Pays-Bas, dans un entretien accordé vendredi au journal néerlandais de référence De Telegraaf, confirmant donc des cris racistes pendant un entraînement, en dépit du démenti de l'UEFA.

"On a tous entendu des cris de singe (pendant un entraînement public mercredi à Cracovie), on ne peut pas accepter ça, nous avons bien réagi (le sélectionneur néerlandais Bert van Marwijk a déplacé ses joueurs à l'autre bout du terrain en début de séance) et l'affaire a été réglée", explique le joueur de l'AC Milan.

"Durant le tournoi, si un seul d'entre nous est confronté à ces cris, nous irons immédiatement trouver l'arbitre pour lui demander d'intervenir", poursuit le milieu de terrain.

Mercredi, Michel Platini, président de l'UEFA, avait rappelé que l'Union européenne de football avait pris "une mesure importante il y a deux ans, en donnant la permission aux arbitres d'arrêter temporairement le match ou définitivement en cas de racisme". "Et nous les soutiendrons s'ils arrêtent le match", avait-il insisté.

"On est tous unis contre le racisme", a ajouté l'attaquant des Oranje Ibrahim Afellay (FC Barcelone), dans le quotidien.

L'UEFA avait confirmé jeudi avoir été la cible d'un petit mouvement de protestation lors d'un entraînement public de l'équipe des Pays-Bas à Cracovie, mais avait démenti les cris à caractère raciste rapportés dès jeudi par certains médias néerlandais.

Durant l'échauffement, seulement quelques uns des 25.000 spectateurs présents au stade avaient poussé des cris de singes en direction des joueurs de couleur de la sélection néerlandaise, selon le journal De Telegraaf de jeudi.

Platini: "il y a de plus en plus de nationalisme"

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L'UEFA avait expliqué avoir interrogé ses représentants sur place et leurs contacts néerlandais, qui disaient n'avoir rien remarqué concernant le caractère raciste des faits.

En revanche, l'UEFA avait confirmé que des supporteurs polonais étaient venus manifester leur mécontentement à l'égard de l'UEFA et des organisateurs à la suite à la non-désignation, il y a trois ans, de Cracovie comme ville-hôte de l'Euro-2012.

Les provocations -certaines à caractère raciste, avait pourtant maintenu jeudi un journaliste de la radio néerlandaise RNW- ont cessé rapidement, après l'intervention de stadiers.

Des photos montrent des banderoles barrant d'un trait rouge le logo officiel de l'Euro-2012, un ballon avec deux fleurs symbolisant les pays organisateurs de chaque côté, visant l'UEFA et les organisateurs de l'Euro.

La suite de l'entraînement s'est déroulée dans une excellente atmosphère, la grande majorité des spectateurs polonais, beaucoup vêtus d'orange, encourageant les joueurs néerlandais dans un climat festif.

La BBC avait diffusé fin mai dans son émission Panorama des sujets et une interview de l'ancien capitaine de l'équipe d'Angleterre, Sol Campbell, dénonçant le racisme de certains supporteurs en Pologne et en Ukraine.

"Je n'ai pas vu l'émission, avait commenté mercredi Michel Platini. maintenant, si nous considérons le monde en général, l'Europe en particulier, il y a de plus en plus de nationalisme et on le ressent autour des matches, mais pointer du doigt Pologne et Ukraine c'est trop facile".

"Beaucoup de pays y sont confrontés, la France, les USA et en Angleterre aussi, avait poursuivi M. Platini. C'est toujours tolérance zéro pour ces problèmes là. Mais je ne pense pas que le racisme soit seulement le problème du foot, c'est un problème de société".

bnl-pgr/ep

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