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Euro-2012 - Les Pays-Bas "n'accepteront pas les cris racistes"

08/06/2012 06:01 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

Cibles de cris à caractère raciste mercredi à Cracovie lors de leur entraînement public, les Néerlandais ont fait savoir vendredi qu'ils "n'accepteraient pas" que de tels faits se produisent lors des matches de l'Euro-2012.

"Nous n'accepterons pas qu'un seul d'entre nous soit la cible de cris de singe durant les matches", a indiqué le capitaine Mark van Bommel au quotidien De Telegraaf paru vendredi.

"Si nous devions entendre de tels cris durant une rencontre, j'irais directement trouver l'arbitre pour lui demander d'intervenir", a encore dit le joueur récemment transféré du Milan AC au PSV Eindhoven. Les arbitres ont l'autorisation d'arrêter temporairement le match dans de tels cas.

Durant l'échauffement mercredi, quelques-uns des 25.000 spectateurs présents au stade avaient très brièvement poussé des cris de singes en direction des joueurs de couleur de la sélection néerlandaise, selon De Telegraaf.

Etouffés par l'ambiance générale, ces cris n'étaient pas très audibles. Plusieurs joueurs, notamment le jeune Jetro Willems, ont affirmé n'avoir rien entendu.

Plusieurs responsables de l'UEFA ont expliqué vendredi matin avoir contacté dès jeudi l'officier de sécurité des Pays-bas qui leur a alors répondu: "il n'y a rien eu".

Puis, devant les déclarations de Van Bommel à la presse néerlandaise, l'UEFA a recontacté la fédération néerlandaise qui lui a répondu ce vendredi matin: "ça s'est produit".

L'UEFA n'entendait pas stigmatiser ses interlocuteurs néerlandais, ni donner trop d'importance au fait de "20 à 25 idiots". "Tout ce qu'ils attendent, c'est qu'on parle d'eux", a expliqué un responsable de l'instance européenne du football.

L'UEFA a évoqué vendredi "quelques incidents isolés" et a indiqué ne pas avoir reçu de plainte de la fédération néerlandaise, qui ne souhaite visiblement pas elle non plus donner trop d'importance à ce déparage.

L'instance européenne du football n'entend pas fermer les entraînements publics, mais plutôt renforcer à l'avenir la sécurité à l'entrée des stades et travailler en plus étroite collaboration avec les clubs locaux pour éviter de nouveaux incidents de ce type.

D'après un journaliste de la radio néerlandaise RNW, les auteurs de ces cris étaient des supporteurs du noyau dur du club local du Wisla venus manifester leur mécontentement suite à la non-désignation il y a trois ans de Cracovie comme ville hôte de l'Euro-2012. "Mais Cracovie n'a jamais été candidate pour être ville hôte", a fait remarquer un responsable de l'UEFA.

Le sélectionneur néerlandais Bert van Marwijk avait réagi mercredi en déplaçant ses joueurs à l'autre bout du terrain pour s'éloigner des auteurs des cris racistes.

"Nous avons directement adhéré à cette décision. C'était la bonne réaction. L'affaire a été réglée tout de suite", a expliqué Van Bommel, tandis que l'attaquant Ibrahim Afellay a fait part de la "solidarité" de tous les joueurs néerlandais.

"L'avantage, c'est que maintenant on sait à quoi s'attendre", avait déclaré Bert van Marwijk lors de la conférence de presse après l'entraînement, évoquant brièvement l'incident et se félicitant ironiquement de cette "chouette ambiance", avant de se réjouir du comportement positif de la grande majorité des spectateurs présents.

La suite de l'entraînement s'était effectivement déroulée dans une excellente atmosphère, la grande majorité des spectateurs polonais, beaucoup vêtus d'orange, encourageant les joueurs néerlandais dans un climat festif.

La sélection néerlandaise avait rendu hommage mercredi matin aux victimes de l'Holocauste sur le site de l'ancien camp de la mort nazi d'Auschwitz-Birkenau en Pologne.

Van Bommel s'était déclaré "bouleversé par tant d'horreur causées par le racisme".

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