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Dix morts dans les violences en Syrie (ONG)

08/06/2012 07:09 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

Dix personnes ont été tuées vendredi en Syrie, notamment quatre membres des forces gouvernementales dans des explosions à Idleb (nord-ouest) et près de la capitale Damas, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans le même temps, des manifestations contre le régime commençaient à avoir lieu dans le pays comme tous les vendredi depuis le début de la révolte en mars 2011.

Cinq personnes, dont au moins deux membres des services de sécurité, ont été tuées dans l'explosion d'une voiture piégée devant un poste de police à Idleb, selon l'ONG.

"C'était une explosion puissante qui a détruit la façade du bâtiment", a indiqué Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Dans la province d'Idleb, un civil a été tué par les tirs d'un barrage à Kafar Nebbol.

Par ailleurs, deux membres des troupes régulières ont été tués dans une explosion qui a visé un bus militaire près de Koudsiya, dans la banlieue de Damas.

A Homs (centre), l'armée tentait de prendre d'assaut le quartier rebelle de Khaldiyé, après l'avoir violemment bombardé. Le quartier, situé dans le nord de la ville et où sont encore retranchés des rebelles, était bombardé de manière intermittente depuis le matin avec "en moyenne cinq obus par minute".

Dans la province de Deraa (sud), un véhicule militaire a également été attaqué à Kafar Chams selon l'ONG qui n'a pas fait état de bilan dans l'immédiat. Dans la même région, à Basr el-Cham, un rebelle à la tête d'une "brigade" insurgée a été tué. Et dans la localité de Mahajja, un civil a été tué par un sniper.

Dans le même temps, de nombreux Syriens descendaient dans les rues pour répondre à l'appel des militants anti-régime, dont le slogan était: "révolutionnaires et commerçants, main dans la main jusqu'à la victoire", dans une apparente tentative de convaincre les hommes d'affaires et la bourgeoisie encore peu mobilisés à Damas et Alep (nord), de se joindre au mouvement de contestation.

A Kafar Zita, dans la province de Hama (centre), théâtre de violents combats ces derniers jours, des manifestants ont scandé "Nous ne voulons plus de (révolte) pacifique! Nous voulons des balles et des kalachnikovs!".

Face à l'impuissance de la communauté internationale à faire arrêter les violences par la voie diplomatique, nombreux sont ceux qui réclament, au sein de l'opposition, que la rébellion soit armée par l'étranger.

"Réunions, décisions, initiatives, et le peuple syrien est encore massacré", lit-on sur une pancarte dans la même localité.

Par ailleurs, les observateurs de l'ONU, qui sont censés surveiller un cessez-le-feu mis en place mi-avril mais violé quotidiennement, vont tenter vendredi de gagner le site du massacre commis à Al-Koubeir (centre), où ont péri mercredi au moins 55 personnes.

Au moins 58 personnes, dont 27 civils, 28 membres de troupes gouvernementales et pro-régime, et trois rebelles, ont été tuées jeudi dans les violences, selon l'OSDH.

La crise en Syrie risque de devenir "incontrôlable" selon le médiateur Kofi Annan si la pression internationale sur Damas ne produit pas rapidement des résultats.

ram-ser/vl

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