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Affrontements à Damas entre rebelles et forces gouvernementales

08/06/2012 12:16 EDT | Actualisé 08/08/2012 05:12 EDT

BEIRUT - Des affrontements, parmi les plus violents signalés à Damas depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad, ont opposé vendredi dans la capitale syrienne des rebelles aux forces gouvernementales, selon des militants. Parallèlement, l'armée a bombardé le quartier de Khaldiyeh à Homs, aux mains des insurgés.

A Damas, les combats ont débuté dans le quartier de Kfar Souseh, où des rebelles armés auraient participé à une grande manifestation anti-gouvernementale avec d'autres opposants jeudi soir. Un témoin s'exprimant sous couvert d'anonymat a affirmé qu'on pouvait entendre des explosions dans le centre de la capitale et qu'on pouvait voir de la fumée s'élever dans les airs.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme, basé à Londres, et les Comités locaux de Coordination ont confirmé ces affrontements. Selon les Comités locaux de Coordination, trois rebelles ont été tués.

A Homs, les troupes gouvernementales essayaient d'avancer dans le quartier de Khaldiyeh de trois côtés différents, affrontant des rebelles armés qui essayaient de les arrêter, a affirmé sur Skype Tarek Badrakhan, un militant basé dans le quartier. "C'est le pire bombardement que nous avons eu depuis le début de la révolution", a-t-il déclaré.

Des vidéos amateur diffusées sur internet montraient un petit avion blanc, apparemment un drone, survolant Homs, bastion des rebelles opposés au régime du président Bachar el-Assad.

Cette intervention se produit au lendemain d'un nouveau massacre présumé à Mazraat al-Qubair jeudi, dans le centre de la Syrie, où l'opposition affirme qu'environ 80 villageois, dont des femmes et enfants, ont été tués par des forces pro-gouvernementales. Des observateurs des Nations unies se sont rendus sur place vendredi, visitant notamment un cimetière où certaines personnes tuées avaient été enterrées, selon un militant.

L'ONU estime que la répression du mouvement de contestation initialement pacifique a fait plus de 9.000 morts depuis la mi-mars 2011. L'opposition parle de plus de 13.000 morts.

A Genève, le porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Hicham Hassan a affirmé que la situation humanitaire en Syrie se dégradait. "Actuellement, la situation est extrêmement tendue, pas seulement à Houla, pas seulement à Hama, mais dans beaucoup, beaucoup d'endroits du pays", a-t-il déclaré, faisant notamment référence à Houla, dans le centre du pays, où 108 personnes, dont 49 enfants de moins de dix ans, ont été tuées le 25 mai, selon un bilan des Nations unies. L'opposition et le régime se sont attribués mutuellement la responsabilité de ce massacre.

Outre Houla et Hama, Hicham Hassan a cité les régions qui, selon lui, ont été les plus ciblées par les dernières attaques, notamment celle d'Idlib (nord), les faubourgs de Damas, la province de Deir el-Zour et la région côtière de Latakia.

Le CICR veut venir en aide à 1,5 million de personnes, dont certaines ont besoin de produits de base, comme du pain.

A Bruxelles, Kristalina Georgieva, commissaire européenne chargée de l'aide humanitaire, a évoqué la crise syrienne et l'aide de l'Union européenne, affirmant: "Nous parlons à un million de personnes vulnérables qui ont besoin d'aide humanitaire".

"Entre 200.000 et 400.000 personnes sont déplacées dans le pays (...) et nous avons 95.000 réfugiés en Turquie, au Liban et en Jordanie principalement", a-t-elle affirmé, ajoutant qu'il y avait plus de 600.000 réfugiés irakiens et palestiniens en Syrie.

Toujours vendredi, des activistes ont fait état de manifestations anti-gouvernementales dans différentes régions, notamment dans les provinces d'Idlib et d'Alep (nord), la région de Deraa (sud), et les faubourgs de Damas.

L'agence de presse officielle SANA a aussi fait savoir que trois policiers avaient été tués dans l'explosion d'une voiture piégée à Qudsaya, dans la banlieue de la capitale, et que deux soldats et trois civils avaient trouvé la mort dans une autre explosion à Idlib (nord). AP

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