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Washington veut élargir la définition des "diamants de la guerre"

07/06/2012 05:58 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis souhaitent élargir la définition des "diamants de la guerre" afin de mieux lutter contre la violence provoquée par la ruée vers les pierres précieuses, a annoncé jeudi l'instance internationale chargée du dossier.

Soutenu par l'ONU, le Processus de Kimberley -- qui compte 50 membres -- a pour l'heure pour seule mission d'endiguer les trafics de diamants bruts exploités par des mouvements rebelles dans leur lutte contre des gouvernements en place. Le Processus de Kimberley est chargé de certifier les diamants exploités légalement.

Des milliards de dollars tirés du commerce illégal de diamants ont permis à des rebelles, dans de nombreuses régions d'Afrique, en particulier dans les années 1990, d'acquérir des armes et de perpétrer des violences.

Actuellement réunis à Washington, les responsables de ce programme créé en 2003 ont dit vouloir élargir la définition de "diamant de la guerre" pour prendre en compte d'autres formes de violences.

Au terme de cette réunion de quatre jours, à laquelle participaient des associations et des industriels du diamant, la présidente du Processus de Kimberley, Gillian Milovanovic, a présenté la proposition américaine. Celle-ci vise à lutter contre le trafic de "diamants bruts utilisés pour financer des conflits, ou directement liés à des conflits armés ou d'autres situations de violences".

Cette proposition de redéfinition vient du départ, en décembre dernier, d'une organisation fondatrice du Processus de Kimberley, Global Witness, qui lui avait reproché de ne pas empêcher la torture et les exactions commises à l'encontre de mineurs en Côte d'Ivoire, au Venezuela et au Zimbabwe.

Un des enjeux concernait les pierres extraites des très riches gisements de Marange, au Zimbabwe, qui avaient reçu en novembre le feu vert du Processus de Kimberley.

Or, ces mines situées dans l'est du pays avaient été envahies en 2008 par l'armée zimbabwéenne qui en avait expulsé des milliers de prospecteurs, avant de forcer des civils à les remplacer. Près de 200 personnes ont alors été tuées et d'autres battues ou violées, selon des groupes de défense des droits de l'homme, qui estiment que les exactions n'ont pas cessé depuis.

jkb/lor/bar

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