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Washington a travaillé jour et nuit pour enrayer le scandale WikiLeaks

07/06/2012 01:42 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

Des diplomates américains ont travaillé jour et nuit pour tenter d'enrayer le scandale WikiLeaks, lorsque des milliers de documents secrets ont été révélés, a-t-on appris jeudi lors d'une audience en cour martiale du soldat accusé d'être à l'origine des fuites.

Au deuxième jour d'une audience préliminaire prévue pour en durer trois à la base militaire de Fort Meade (est), Bradley Manning, 24 ans, accusé d'avoir été "la taupe" de WikiLeaks, prenait frénétiquement des notes pendant la déposition de deux responsables du département d'Etat.

Rena Bitter, directrice du Centre des opérations au département d'Etat, a expliqué comment des groupes de travail avaient fonctionné entre novembre 2010, peu après que le scandale a éclaté, jusqu'en juillet 2011. Des dizaines de milliers de dépêches diplomatiques entre Washington et ses ambassades à l'étranger avaient alors été diffusées par WikiLeaks, déchaînant une tempête dans les chancelleries du monde entier.

Au département d'Etat, chaque groupe était composé de 25 personnes travaillant nuit et jour. L'un était chargé des "risques potentiels pour les individus", un autre était baptisé "le groupe WikiLeaks", un autre "comité d'arbitrage".

Mme Bitter a souligné que le rôle du centre des opérations consistait à "coordonner la réponse du département d'Etat à une crise publique" quand "tout le monde doit parler d'une seule voix".

"Nous avons fait ce que nous faisons en général dans une crise, nous avons formé des groupes de travail (...) les premiers moyens pour répondre à cette crise", a-t-elle dit.

"Il était important de rester en amont de l'information" avant qu'elle soit rendue publique, a-t-elle dit, soulignant qu'il s'agissait de "connaître la base de données des informations susceptibles d'être compromises et la base de données (déjà) dans le domaine public".

Marguerite Coffee, ancienne directrice du Bureau de la gestion des politiques au ministère, a pour sa part parlé du comité d'arbitrage qu'elle gérait alors, expliquant qu'il s'était "concentré sur les questions d'accès au système sécurisé", avait "mené une révision complète de tout le réseau du département d'Etat" et "revu tous les protocoles".

Elle a indiqué que le fruit de ce travail avait été réuni dans un dossier dont elle "ne sait pas s'il existe toujours".

Me David Coombs, avocat civil du jeune Manning, a interrogé les deux responsables sur les "conséquences estimées" pour les Affaires étrangères des fuites de documents militaires et diplomatiques dont le soldat est accusé. Le gouvernement américain affirme que ces fuites ont mis en danger sa sécurité nationale, mais aucun rapport évaluant précisément les conséquences n'a été pour l'heure publié.

Les avocats cherchent à obtenir des éléments matériels pour appuyer leur défense. Ils réclament l'abandon de dix des 22 chefs d'inculpation qui pèsent sur Bradley Manning. Le soldat est accusé d'avoir transmis à WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et 260.000 dépêches du département d'Etat.

Sa défense réclame de pouvoir obtenir des milliers de pages de documents du FBI, de la CIA, des ministères de la Justice et de la Défense ainsi que d'autres agences gouvernementales. Elle a d'ores et déjà obtenu l'aval de la juge Denise Lind pour se faire remettre un rapport de la DIA, l'agence de renseignement du Pentagone, ainsi qu'une estimation du département d'Etat.

Bradley Manning encourt la perpétuité. Il n'a pas annoncé s'il plaiderait coupable ou non coupable. Le début de son procès est pour l'heure fixé au 21 septembre.

chv/bar

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