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Un juge libanais inculpe des soldats syriens pour la mort d'un caméraman

07/06/2012 01:41 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

Des militaires syriens ont été inculpés jeudi par un juge libanais pour le meurtre d'un caméraman libanais tué début avril alors qu'il était en reportage à la frontière libano-syrienne, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI).

Il s'agit d'une inculpation inédite vu l'histoire commune entre le Liban et la Syrie, qui fut sa puissance de tutelle politico-militaire pendant 30 ans.

Le commissaire du gouvernement auprès du tribunal militaire, Sakr Sakr, "a inculpé des membres de l'armée syrienne (...) pour avoir tué à Wadi Khaled le caméraman de la chaîne Al-Jadeed, Ali Chaabane, en tirant sur lui et l'équipe de télévision qui l'accompagnait", selon l'agence.

D'après l'acte d'inculpation, qui ne vise aucun soldat nommément et ne précise pas leur nombre, le meurtre de M. Chaabane et la tentative de meurtre visant les autres membres de l'équipe étaient "délibérés".

Le caméraman a été tué le 9 avril à la frontière nord avec la Syrie qui jouxte la région syrienne de Homs, haut lieu de la contestation et théâtre de pilonnages intensifs et de violents combats entre soldats et déserteurs.

C'est la première fois qu'un journaliste est tué à cette frontière.

Le Premier ministre libanais, Najib Mikati avait condamné alors "les tirs (venant) du côté syrien sur l'équipe de journalistes libanais".

L'agence officielle syrienne Sana a affirmé que le journaliste avait été tué au cours d'un échange de tirs entre des soldats syriens et des "terroristes", terme utilisé par le régime pour désigner opposants et rebelles, qui tentaient de s'infiltrer en Syrie.

Le Liban et la Syrie partagent 330 kilomètres de frontières, dont le tracé doit encore être officiellement défini. Plusieurs incidents, parfois meurtriers, ont eu lieu le long de cette frontière depuis l'éclatement mi-mars 2011 de la révolte en Syrie.

ram/cnp

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