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Rodin, la chair, le marbre: la sculpture vivante en exposition à Paris

07/06/2012 11:21 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

PARIS - L'oeuvre de Rodin lue à travers ses sculptures en marbre. Autour des oeuvres-phare du «Baiser» et de la «Danaïde», l'exposition «Rodin, la chair, le marbre» explore, à partir de vendredi au musée Rodin à Paris, la relation entre l'auteur et le matériau, considéré comme mythique au XIXe siècle, car le plus proche de la chair.

À travers une cinquantaine de marbres et une dizaine de maquettes en terre cuite ou plâtre, apparaît le travail d'Auguste Rodin et de ses «praticiens», des assistants qui aidaient le maître à élaborer à partir du plâtre de départ la sculpture en marbre.

Suivant l'évolution du style du maître, du classicisme antique de la fin du XIXe au «non finito» du début du XXe, les magnifiques marbres ont été répartis en trois sections dans la «chapelle», l'espace dédié habituellement aux expositions d'art contemporain, dans une scénographie reprenant l'idée de l'atelier et des caisses.

Les marbres sont installés sur des socles formés de lamelles de bois cerclés de métal, sur un parquet clair et gris incliné, qui permet de regarder l'oeuvre sous (presque) tous les angles.

De «l'Illusion de la chair» magnifiquement rendue dans «La Danaïde», à «la figure dans le bloc», avec «Le Baiser», Rodin explore le marbre, ses capacités à jouer avec les ombres, les modelés.

Avec le célèbre «baiser», les corps nus des deux amants se touchent, se caressent, s'embrassent et semblent vivants et «c'est très osé pour l'époque», souligne la commissaire de l'exposition, Aline Magnien.

Sur la fin de sa vie, le sculpteur s'interroge sur la nature, le marbre vu comme une matière vivante qui «germe» et opte à partir des années 1886 pour «l'inachèvement» ou «non finito».

Il laisse apparents les clous de la mise au point, ce qui montre «le côté artisanal» du travail de l'artiste, explique la commissaire.

Dans «Le Péché», la «queue» d'une faunesse est sans doute le point de compas. Il se concentre également «autour du visage et des mains, les parties les plus expressives du corps».

Grâce à Rodin, le marbre «tremble» et donne l'illusion de la vie.

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