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Procès Kerviel: la présidente attend des «documents probants»

07/06/2012 12:44 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

PARIS - Au troisième jour du procès en appel de Jérôme Kerviel, accusé d'avoir fait perdre à la Société générale 4,9 milliards d'euros en 2008, la présidente Mireille Filippini a lancé jeudi un ultimatum aux avocats de la défense, sommés d'apporter lundi des «documents probants».

Ces documents, promis par Me David Koubbi, avocat de l'ancien courtier, sont censés apporter la preuve que la Société générale était au courant des positions prises sur les marchés par Jérôme Kerviel, qui ont atteint jusqu'à 50 milliards d'euros en janvier 2008.

«Je veux bien vous croire, mais on veut avoir des preuves», a dit la présidente qui attend «des documents probants de comptabilité ou autres». «Je pensais les avoir aujourd'hui et je suis prête à les examiner», a-elle ajouté, trouvant «ce moyen curieux», «assez désagréable» et «pas très sérieux».

La présidente a fini par lâcher «avoir fait 14 ans de pénal» et voir cela «pour la première fois». «Les pièces, on les apporte au début du procès. Il y a eu des renvois pour moins que ça.»

Me Koubbi veux également faire venir un témoin anonyme, ce qui a le don d'énerver les avocats de la Société générale qui considèrent cela «exotique». «Moi, je veux un témoin qui témoigne sous serment et contradictoirement», a rappelé la présidente au conseil de Jérôme Kerviel.

L'ancien opérateur est jugé depuis lundi devant la cour d'appel de Paris. Il lui est reproché d'avoir pris des positions hors des limites autorisées par la banque, en les masquant par des positions fictives ou en produisant des faux pour les justifier.

Interrogé jeudi sur son travail de trading au second semestre 2007, Jérôme Kerviel a redit «n'avoir menti à aucun moment» et affirmé «jouer sa peau» sur ce procès. Selon lui, ses positions étaient «connues» et in fine «couvertes» par d'autres. «Mon but était d'atteindre les objectifs irréalisables demandés par ma hiérarchie», a-t-il affirmé.

Mercredi, il avait dit avoir été «manipulé» par la banque et par ses supérieurs, se voyant «comme un hamster dans une roue».

En première instance, Jérôme Kerviel avait été condamné à trois ans de prison ferme et 4,9 milliards de dommages et intérêts par le tribunal correctionnel de Paris en octobre 2010 pour abus de confiance, introduction frauduleuse de données, ainsi que de faux et usage de faux.

Les témoignages sont attendus à partir de mercredi prochain et le procès doit se poursuivre jusqu'au 28 juin.

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