L'avocat de la Couronne a entamé sa plaidoirie jeudi matin au procès de l'ex-juge Jacques Delisle. Me Steve Magnan soutient que l'homme de 77 ans a tué sa femme, Nicole Rainville, d'une balle dans la tête en novembre 2009.

Me Magnan a expliqué au jury que la thèse du suicide était appuyée par des témoignages cousus de fil blanc pour disculper l'accusé.

Selon la Couronne, Nicole Rainville avait des idées noires et était triste, mais pas suicidaire. Me Magnan se demande pourquoi tous les proches de la femme de 71 ans qui ont reçu des confidences de propos suicidaires n'ont rien fait. Il a aussi démontré, par le biais d'un tableau comparatif, l'étrange similitude entre les témoignages du fils et de la petite-fille de l'accusé.

Me Magnan croit que des témoins neutres sont plus crédibles. Le personnel hospitalier qui a traité madame Rainville a noté qu'elle se sentait déprimée, mais qu'elle n'était pas dépressive. Elle répondait bien aux traitements et s'impliquait dans sa réhabilitation.

L'avocat de la poursuite a aussi qualifié de « loufoques » les explications de l'expert balistique de la défense pour démontrer qu'un tir était possible en tenant l'arme à l'envers. Me Magnan a lancé que Vassili Swistounoff a « une restriction mentale à dire la vérité ».

L'expert français est le seul à prétendre que Nicole Ranville a été atteinte d'un tir perpendiculaire, alors que trois autres experts parlent d'un tir à angle. Selon la Couronne, Nicole Rainville se serait protégée avec sa main au moment où Jacques Delisle s'approchait d'elle pour tirer avec son pistolet.

La plaidoirie de la Couronne se poursuit jeudi après-midi.