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Les observateurs de l'ONU empêchés d'accéder au site du massacre en Syrie

07/06/2012 08:27 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

Les observateurs de l'ONU déployés en Syrie ont été empêchés jeudi, notamment "par des barrages de l'armée", de se rendre à Al-Koubeir où au moins 55 personnes dont des femmes et des enfants ont été tués la veille, a annoncé le chef de la mission, le général Robert Mood.

"Les observateurs n'ont pas pu encore parvenir au village. Leur mission est entravée par (...) le fait qu'ils ont été stoppés à des barrages de l'armée syrienne et dans certains cas refoulés", a indiqué le général norvégien dans un communiqué.

Le chef de la mission de l'ONU a ajouté que "certaines de nos patrouilles ont été stoppées par des civils dans la zone", sans élaborer.

"Nous recevons des informations d'habitants de la zone selon lesquelles la sécurité de nos observateurs serait en péril si nous entrons dans le village d'Al-Koubeir", a poursuivi le général.

"Malgré tous ces défis, les observateurs tentent toujours d'accéder au village pour tenter d'établir les faits sur le terrain", a-t-il indiqué, exprimant sa préoccupation concernant "les restrictions imposées aux déplacements de la mission car elles empêchent notre capacité à surveiller, observer et rédiger des rapports".

Une source officielle citée par la télévision a démenti "les informations rapportées par certains médias selon lesquelles les observateurs ont été empêchés d'entrer dans le village d'Al-Koubeir".

Les autorités "facilitent totalement la liberté de mouvement et de déplacement des observateurs, où qu'ils veulent", a indiqué cette source non identifiée.

Au moins 55 personnes ont été tuées, dont 18 femmes et enfants, mercredi à al-Koubeir, dans la province de Hama (centre) a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition, qui a parlé de 80 morts, a accusé "le régime criminel d'Assad", tandis que le gouvernement syrien a démenti qu'un tel massacre ait eu lieu.

La mission d'observation se trouve en Syrie depuis le 15 avril, conformément au plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan, afin de surveiller l'application d'un cessez-le-feu pourtant continuellement ignoré.

Le massacre d'Al-Koubeir intervient moins de deux semaines après le carnage de Houla (centre) qui avait provoqué un tollé international et qui a fait 108 morts, dont 49 enfants et 34 femmes. La rébellion et le régime se sont rejeté la responsabilité, alors qu'un haut responsable de l'ONU a dit que "de forts soupçons" pesaient sur les milices pro-régime.

rim-ram/cnp

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