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Le "roi Netanyahu" a maté les colons, selon les médias israéliens

07/06/2012 06:37 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

Les médias israéliens saluaient jeudi la "victoire" sur les colons du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui a torpillé au Parlement un texte visant à autoriser rétroactivement des maisons bâties en terrain privé palestinien, moyennant la promesse de centaines de logements.

"La victoire de Netanyahu dans le vote sur la proposition de légalisation n'est pas juste numérique", souligne dans une analyse le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot, en référence au rejet du texte mercredi par 69 voix contre 22 (sur 120 députés).

"C'est aussi une victoire morale, parce qu'elle a donné aux colons une leçon sur les limites de leur pouvoir", selon le journal. "Dans la bataille entre le roi Bibi (surnom de M. Netanyahu, NDLR) et les seigneurs féodaux, les seigneurs féodaux ont été battus en rase campagne".

Le Jerusalem Post (anglophone) relève que le Premier ministre du Likoud (droite nationaliste) a "encore maté une révolte politique".

"Ce qui était censé être une rébellion s'est terminé par ce qui ressemble à une reddition sans conditions à l'homme qui cherchait à réaffirmer qu'il n'était pas seulement le roi de son pays, mais aussi le souverain incontesté de tout son parti, à l'exception de l'aile extrême droite", estime le journal de droite.

Même le quotidien de centre gauche Haaretz rend grâce à M. Netanyahu de s'être opposé à une proposition qui aurait "souillé les codes de lois d'Israël par la légalisation rétroactive de vols de terres à leurs propriétaires palestiniens, au profit de la construction de colonies".

"Netanyahu a prouvé que quand il le veut, il est capable de résister à la pression exercée sur lui et ses ministres par l'extrême droite", observe le journal, qui déplore néanmoins la contrepartie offerte par le Premier ministre, sous forme d'annonce de 850 logements supplémentaires dans des colonies.

"Si ces promesses sont tenues, les colons et leurs soutiens politiques obtiendront ce qu'ils voulaient, même sans adoption d'une législation spécifique", regrette-t-il.

"La loi rejetée aujourd'hui aurait nui à l'entreprise de colonisation", a affirmé mercredi le Premier ministre, sensible aux répercussions internationales d'une telle décision.

"Aucun gouvernement ne soutiendrait davantage l'entreprise de colonisation que celui que je dirige", a-t-il insisté, à l'intention notamment des quelque 2.000 manifestants pro-colonisation qui protestaient devant la Knesset (Parlement).

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