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La saison des Red Bull se résume en partie... à une histoire de trous

07/06/2012 03:59 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'an dernier, au moment où le grand cirque de la F1 s'est amené à Montréal, on ne parlait que de la domination de Sebastian Vettel chez Red Bull. Cette année, les conversations tournent autour de petits trous rectangulaires qui se trouvent devant les roues arrières.

Pour la première fois de la saison, ce week-end, l'écurie championne en titre de la Formule 1 se verra obligée d'aligner deux voitures sans trous. La FIA a clarifié sa règle à ce sujet, ce qui a forcé Red Bull à modifier ses bolides sans toutefois subir de sanctions. Ce qui n'a pas empêché le petit monde de la course automobile de chuchoter que l'écurie s'est forgée une bonne avance au classement des constructeurs — 146 points contre 108 pour McLaren, deuxième — grâce à des voitures «illégales».

«Je suis content de me faire appeler toutes sortes de choses, ça ne me dérange pas qu'on critique ma façon de conduire, mais je n'accepterai aucune critique à ce niveau-là. Ça me met vraiment en colère quand on dit ça, pour être honnête, parce que la voiture a subi toutes les inspections techniques et respecté les règles en vigueur après les courses, notamment après le Grand Prix de Bahreïn et celui de Monaco, a réagi Mark Webber, jeudi, à l'occasion de la conférence de presse officielle de la FIA, tenue à trois jours du Grand Prix du Canada. Les équipes qui étaient contre n'ont déposé aucun protêt après Monaco, et maintenant il y a eu clarification de la règle.

«Et la règle, maintenant, est différente. Nous avions une voiture qui était conforme lors de la première partie de la saison et maintenant que la règle a été modifiée, nous allons recommencer dans ce contexte-là, c'est tout.»

«Je n'avais pas le sentiment qu'il y avait quelque chose de mal avec la voiture à Monaco, ni avec celle que nous avions auparavant, a de son côté commenté Vettel. Je ne crois que cela aura un impact important en piste. C'est juste dommage qu'on décrète une façon de faire et ensuite, on en décrète une autre.

«Je ne crois pas que cela nous pénalisera tellement, a ajouté le champion du monde en titre des pilotes de F1. Je crois qu'il est plus important de bien doser la pression des pneus. On verra ce que ça donne.»

Webber était également d'avis que la décision de la FIA ne pénalisera pas Red Bull de manière indue.

«Je ne pourrais pas vous dire, selon ce que je ressens quand je conduis, si ç'a été changé ou pas. Côté pilotage, nous sommes donc très optimistes que cela ne fera pas de tellement de différence. Vous ne me croirez sans doute pas, mais nous prévoyions quand même faire des changements qui comprenaient notamment un scénario sans trou, avant même que la règle ne soit changée», a par ailleurs indiqué le pilote australien.

Webber a été moins volubile quand on lui a fait remarquer que ses succès relatifs cette saison pourraient faire renaître les tensions qu'il y avait entre Vettel et lui il y a deux ans. Le vétéran de 35 ans a une victoire cette année, autant que Vettel, et les deux sont à égalité aux points au classement des pilotes, en deuxième place, à trois points de Fernando Alonso.

«C'est un bon problème à avoir», s'est contenté de dire Webber en souriant.

Malgré la domination des Red Bull ces dernières années en F1, Webber et Vettel n'ont pas vraiment été établis favoris à Montréal dans le passé parce que leurs voitures n'étaient pas aussi efficaces que leurs rivales au chapitre de l'appui aérodynamique. L'écurie du taureau rouge n'a d'ailleurs jamais goûté au champagne sur le podium du circuit Gilles-Villeneuve. Webber s'est toutefois dit d'avis que c'est en voie de changer.

«En 2009 et 2010, nous n'avions probablement pas la meilleure voiture au chapitre de l'appui aérodynamique, a reconnu l'Australien. (Vettel) est venu près l'an dernier, mais en voyant la façon dont les choses se déroulent cette saison jusqu'ici, il y a des chances de bien faire ici. Nous avions été très forts à Spa et Monza l'an dernier, où la configuration en matière d'appui est comparable, même si ce ne sont pas nécessairement là des acquis que nous sommes assurés de garder en vue de ce week-end. Nous arrivons ici confiants, sans déborder de confiance.

«C'est une victoire que nous aimerions ajouter à notre collection, a par ailleurs dit Webber du Grand Prix du Canada. Mais ça aussi, ça reste un beau problème à avoir pour une écurie qui l'a emporté à tellement d'endroits dans le monde.»

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