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La Banque centrale de Chypre table sur un recul de 1,1% du PIB en 2012

07/06/2012 11:06 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

La Banque centrale de Chypre a indiqué jeudi tabler sur un recul de 1,1% du PIB en 2012, une perspective beaucoup plus pessimiste que celle donnée par le gouvernement et que sa propre prévision de décembre (0%).

L'institution a précisé qu'en 2013, l'économie chypriote ne connaîtrait qu'"une croissance anémique" de 0,4%, avec un taux de chômage pouvant atteindre le niveau record de 10,8%.

Pour sa part, le gouvernement chypriote pronostique une contraction de 0,5% cette année, puis une légère progression de 0,5% l'année suivante.

La Commission européenne table elle un recul de 0,8% en 2012, avant +0,3% en 2013.

L'économie chypriote, déjà en récession en 2011 (-0,7%), s'est encore contractée de 1,4% au premier trimestre 2012 par rapport à la même période l'année précédente, selon des chiffres officiels publiés mi-mai.

Il s'agit du quatrième trimestre consécutif sans croissance.

La Banque centrale a souligné jeudi que la confiance des consommateurs et des entreprises était à un niveau "très bas" et que la crise économique et politique en Grèce annonçait des "conséquences graves" pour le système bancaire chypriote, aggravant "un climat déjà négatif".

Cette annonce survient seulement deux jours après que le gouvernement a reconnu mardi qu'il pourrait avoir besoin d'une aide de l'Union européenne pour secourir son système bancaire, très exposé à la dette grecque.

"La mise en place d'un mécanisme financier de stabilité pour aider le système bancaire, en raison de problèmes liés à une exposition excessive des banques à la Grèce, est une possibilité sérieuse", avait déclaré à la presse le porte-parole adjoint du gouvernement, Christos Christofides.

Il avait précisé que le gouvernement étudiait différentes façons de soutenir les banques, y compris un prêt contracté "ailleurs". Moscou a déjà prêté 2,5 milliards d'euros à Chypre pour l'aider à faire face à des échéances de dette.

Le gouverneur de la Banque centrale, Panicos Demetriades, avait déjà affirmé ces derniers jours que son pays n'était pas loin de demander un plan de sauvetage européen pour son système bancaire.

Le pays est à "un moment important, crucial", avait-il dit au Financial Times, en soulignant la nécessité d'obtenir avant fin juin au moins 1,8 milliard d'euros pour recapitaliser la Marfin Popular Bank, la deuxième banque du pays et la plus exposée à la dette grecque.

Nicosie est actuellement en discussions avec les autorités européennes pour repousser l'échéance jusqu'à fin août, selon M. Demetriades.

Les banques chypriotes, très présentes en Grèce, détenaient un grand nombre d'obligations de l'Etat grec dont elles ont vu la valeur réduite à néant après l'opération de restructuration de la dette grecque.

Lundi, un porte-parole de la Commission européenne, Olivier Bailly, avait néanmoins balayé l'idée d'un plan d'aide, soulignant que la commission était "confiante" dans le fait que le pays allait "surmonter les défis auxquels il est confronté".

La République de Chypre, dont l'autorité ne s'étend que sur le sud de l'île, le Nord étant occupé par la Turquie depuis 1974, doit occuper la présidence tournante de l'UE à partir du 1er juillet.

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