NOUVELLES

Jubilé de diamant: le PQ presse le gouvernement Charest de se dissocier

07/06/2012 05:59 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Le gouvernement du Québec doit condamner sans réserve les dépenses «absurdes et ridicules» encourues par Ottawa pour célébrer le Jubilé de diamant de la reine Élizabeth II, a soutenu jeudi le Parti québécois.

Au cours d'un débat à l'Assemblée nationale, le porte-parole du PQ en matière d'affaires intergouvernementales, Bernard Drainville, a dénoncé avec vigueur les élans monarchistes du gouvernement de Stephen Harper et les coûts que cela représente pour les contribuables.

Après avoir remplacé les oeuvres du peintre Alfred Pellan par des photos de la reine et créé l'aviation royale, les conservateurs au pouvoir à Ottawa ont voté un budget de 7,5 millions $ pour fêter le jubilé, «dont la moitié ont servi à graver des médailles, des belles médailles à l'effigie de la reine», a ironisé le député de Marie-Victorin.

Plus encore, a-t-il poursuivi, les contribuables québécois et canadiens vont être à nouveau mis à contribution pour «un autre 10 à 20 millions $» dans le «Queen Elizabeth Diamond Jubilee Trust», une fiducie britannique créée pour célébrer le Jubilé de diamant.

«Nous autres, au PQ, on pense qu'il n'y a vraiment pas de quoi jubiler», a lancé le député Drainville, demandant à son vis-à-vis ministériel si Ottawa avait consulté le Québec avant «de mettre des millions, en notre nom, dans le jubilé de Sa Majesté la reine d'Angleterre».

La réponse du ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Yvon Vallières, a été expéditive.

«Je vais simplement indiquer, à la question qui est posée: non», a-t-il laissé tomber.

Pour l'opposition péquiste, les sommes allouées par le gouvernement Harper au jubilé sont du pure gaspillage, surtout au moment où Ottawa veut serrer la vis aux chômeurs avec le projet de loi C-38, un projet omnibus qui vise notamment à limiter l'admissibilité à l'assurance-emploi.

«Il serait temps que notre gouvernement se lève et dise qu'il se dissocie de ces dépenses royales absurdes et ridicules, puis qu'il dise à Harper que ce n'est pas normal, qu'on ne veut pas que les taxes et les impôts du Québec servent à ça», a lancé M. Drainville d'un ton outré.

Le ministre Vallières n'a pas voulu pousser le débat plus avant. Il a plutôt déploré le manque de respect envers les institutions qu'affiche son adversaire péquiste lorsqu'il désigne le premier ministre du Canada par son seul nom de famille.

«Nonobstant cette guerre et cette agressivité qui est faite à l'endroit du gouvernement fédéral actuel, ici, de ce côté, quand on utilisera le nom de M. Harper, on parlera toujours du premier ministre du Canada et on le qualifiera comme étant le premier ministre du Canada. J'invite donc le député de Marie-Victorin, dans ses interventions, à tenir compte de ce fait», a-t-il dit.

PLUS:pc