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Horrifié par le massacre d'Al-Koubeir, Annan veut plus de pression sur Damas

07/06/2012 01:03 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

Le médiateur international Kofi Annan s'est déclaré jeudi horrifié par le nouveau massacre à Al-Koubeir, au centre de la Syrie, et a souhaité une action internationale plus ferme et plus unie pour faire respecter son plan de paix.

S'adressant à l'Assemblée générale de l'ONU, M. Annan a reconnu que son plan "n'est pas appliqué" et a souhaité une pression accrue sur Damas. "Il faut clairement dire qu'il y aura des conséquences si le plan n'est pas appliqué", a-t-il affirmé.

Il faut également "baliser plus clairement la voie vers une transition pacifique" en Syrie. Cette transition vers la démocratie, par un dialogue entre pouvoir et opposition, est un des six éléments du plan de paix.

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe a par ailleurs exprimé son "horreur et (sa) condamnation à la suite du nouveau massacre de dizaines de civils dont des femmes et des enfants" mercredi à Al-Koubeir, dans la province de Hama.

"Les responsables doivent être punis. Nous ne pouvons pas laisser les massacres devenir la réalité quotidienne en Syrie", a-t-il déclaré.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avait auparavant qualifié de "scandaleux et révoltant" le massacre d'Al-Koubeir et indiqué qu'on avait tiré "à l'arme légère" sur des observateurs de l'ONU qui tentaient de se rendre sur les lieux. M. Ban a estimé que le président Bachar al-Assad "a perdu toute légitimité" et appelé Damas à "appliquer immédiatement et sans condition le plan" Annan.

"Si les choses ne changent pas, l'avenir sera sans doute la répression brutale, les massacres, le conflit inter-religieux et une guerre civile totale", a prédit Kofi Annan.

Rappelant que la communauté internationale soutenait son plan de manière unie, il l'a appelée à "élever le niveau de cette unité" et "agir vite".

"Il est évident que le temps est venu de déterminer ce que nous pouvons faire de plus pour garantir l'application de ce plan et/ou quelles autres options existent pour traiter cette crise", a-t-il expliqué. "Si nous nous rassemblons vraiment et parlons d'une seule voix, je pense qu'il est possible d'éviter le pire".

M. Ban a lui aussi invité les grandes puissances à "réfléchir aux moyens de d'agir de manière plus efficace, étant donné la détérioration de la situation". "Personne ne peut prédire comment la situation en Syrie va évoluer, nous devons nous préparer à toute éventualité et être prêts à réagir à plusieurs scénarios".

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, s'adressant aussi à l'Assemblée, a préconisé des sanctions économiques et diplomatiques contre la Syrie.

Les représentants américain, allemand, français et britannique ont quant à eux brandi, en termes plus ou moins explicites, la menace de sanctions contre Damas. Le chargé d'affaires français, Martin Briens, a prôné "la plus extrême fermeté dans les messages envoyés aux autorités syriennes, qui doivent comprendre que la violation persistante de leurs engagements et la poursuite de la répression ne resteront pas sans conséquences".

M. Annan doit s'adresser jeudi après-midi au Conseil de sécurité. Selon des diplomates à l'ONU, il devrait proposer la création d'un nouveau groupe de contact international sur la Syrie qui comprendrait les Occidentaux et des acteurs régionaux comme la Turquie et l'Arabie saoudite, mais aussi la Russie et la Chine.

Ces deux pays ont torpillé toutes les tentatives du Conseil pour sanctionner le gouvernement syrien depuis le début de la crise il y a 15 mois, mais Moscou se targue de pouvoir exercer une influence sur Damas.

M. Annan pourrait aussi suggérer que l'Iran fasse partie de ce groupe, une idée soutenue par la Russie mais que les Etats-Unis, la France et le Royaume uni ont d'avance rejetée. L'Iran, autre allié de Damas, est engagé dans un bras de fer avec les Occidentaux à propos de son programme nucléaire controversé.

avz/sam

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