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Grèce: le porte-parole de l'extrême droite agresse deux députées à la télévision

07/06/2012 04:38 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

ATHÈNES, Grèce - La campagne électorale tourne mal en Grèce: le porte-parole du parti d'extrême droite Aube dorée, élu lors des dernières élections législatives, a agressé deux députées de gauche en direct à la télévision jeudi matin. Il a giflé l'une d'entre elles et a jeté un verre d'eau au visage de l'autre.

Un peu plus d'une semaine avant les élections cruciales pour l'avenir du pays, la scène, diffusée sur la chaîne privée Antenna, a choqué les Grecs. Un mandat d'arrêt a été immédiatement lancé à l'encontre d'Ilias Kasidiaris, dont le parti a remporté 21 sièges sur 300 aux élections du mois de mai. Le scrutin a été annulé faute d'accord autour de la formation d'un gouvernement. Un gouvernement intérimaire a été investi en attendant de nouvelles élections le 17 juin.

Le parti Aube dorée, qui rejette l'étiquette de mouvement néo-nazi, est accusé d'avoir mené des attaques violentes contre les immigrés à Athènes. Le parti dément toute implication et se présente comme une formation patriotique qui fait campagne contre l'immigration illégale et la criminalité. Il a proposé d'installer des mines antipersonnel le long des frontières grecques pour empêcher les clandestins d'entrer dans le pays.

Jeudi matin, Ilias Kasidiaris a explosé de colère quand Rena Dourou, membre du parti d'extrême gauche Syriza, a fait référence à une affaire judiciaire en cours le visant. La parlementaire âgée de 58 ans a ensuite estimé qu'il y avait «une crise démocratique quand des gens qui veulent ramener le pays 500 ans en arrière entrent au Parlement grec». Le porte-parole d'Aube dorée, âgé de 31 ans, a bondi de son siège et lui a lancé un verre d'eau à la figure.

L'animateur, Giorgos Papadakis, a couru vers lui en criant «non, non, non» pour tenter de le calmer. Furieux, Ilias Kasidiaris s'est tourné vers Liana Kanelli, membre du Parti communiste, qui venait de se lever et lui avait apparemment jeté un journal. Il l'a alors giflée à trois reprises. La chaîne a interrompu le programme, avant de reprendre l'antenne sans le porte-parole du parti Aube dorée.

L'agression a «dévoilé en public ce qui était largement connu, le vrai visage de cette organisation criminelle», a réagi le parti Syriza. Rena Dourou faisait référence à l'attaque d'un étudiant, en 2007, à laquelle Ilias Kasidiaris est accusé d'avoir participé. L'affaire devait être jugée mercredi, mais elle a été reportée au 11 juin.

Giorgos Papadakis et Liana Kanelli ont ensuite raconté qu'Ilias Kasidiaris avait été enfermé dans une pièce de l'immeuble, mais qu'il était parvenu à s'échapper. La police est à sa recherche. S'il n'est pas arrêté d'ici 48 heures, l'affaire sera traitée dans le cadre de procédures judiciaires ordinaires, avec la programmation d'une audience.

«Le gouvernement condamne de la façon la plus catégorique l'attaque menée par le porte-parole d'Aube dorée, Ilias Kasidiaris, contre Liana Kanelli et Rena Dourou», a déclaré le porte-parole gouvernemental, Dimitris Tsiodras, déplorant une «attaque contre chaque citoyen».

Selon le mouvement d'extrême droite, c'est Mme Kanelli qui a d'abord attaqué Ilias Kasidiaris en le provoquant «avec un paquet de documents».

«Aube dorée continue son combat pour un mouvement nationaliste fort contre quiconque, et naturellement contre les orphelins de Marx, qui dominent les chaînes (de télévision) et jouent un sale rôle de propagande», se défend le parti dans un communiqué.

«Si vous voulez que nous condamnions notre co-combattant dans un moment vraiment malheureux, vous devriez d'abord condamner les insultes et l'attaque de Liana Kanelli. Autrement, vous n'êtes rien d'autre que de pauvres hypocrites qui suivent des ordres.»

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