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Euro-2012 - La Grèce veut oublier la crise et briller en zone Euro

07/06/2012 09:38 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

L'équipe nationale de Grèce veut mettre du baume au coeur d'un pays au bord du gouffre économique, au taux de chômage de 21,9%, en tentant de gâcher la fête de la Pologne, pays-hôte (avec l'Ukraine), qui reçoit les Grecs en ouverture de l'Euro-2012, vendredi à Varsovie.

Le gardien grec du PAOK Kostas Chalkias sait ce que cet Euro représente pour son pays qui vit des heures noires: "Nous nous donnerons à 100% pour amener du bonheur aux Grecs qui sont venus nous soutenir et ceux restés à la maison."

Ebranlés par les problèmes financiers, les supporteurs grecs ne sont qu'entre 3000 à 5000 à aller en Pologne pour suivre la Grèce pendant la phase de poules de l'Euro-2012, selon le président de la Fédération hellénique de football (HFF) Sophocles Pilavios.

Les clubs grecs sont aussi rongés par la crise. Huit équipes de l'élite (Panathinaïkos, AEK Athènes, PAOK Salonique, Panionios, Corfou, Aris, OFI et Giannena) connaissent des problèmes financiers susceptibles de les empêcher de disputer le championnat la saison prochaine, selon la HFF.

Plusieurs d'entre eux doivent des arriérés de salaires à leurs joueurs.

Si la HFF n'envisage pas de rétrograder ces clubs, ils ne pourront pas recruter ou prolonger des joueurs, sauf ceux âgés de moins de 21 ans, sans avoir amélioré l'état de leurs finances. La situation a des répercussions sur les internationaux grecs.

"Ce n'est pas la situation idéale pour certains joueurs, dont l'avenir est incertain. Il y a beaucoup de problèmes dans le football et dans le pays, nous vivons tous avec. Mais quand il s'agit de se battre pour l'équipe nationale, il n'y a plus de place au doute", avait expliqué à l'AFP le capitaine grec Giorgios Karagounis.

Le joueur y voit même lui aussi une source de motivation supplémentaire pour donner de la joie à "(ses) compatriotes pendant le tournoi, pour les aider à oublier au moins un temps leurs problèmes quotidiens".

"Il est certain que les Grecs attendent cette joie et nous espérons leur en donner", avait-il ajouté.

L'équipe nationale de Grèce, malgré cette crise économique terrible qui la fait passer pour le mouton noir de l'Europe, s'est qualifiée sans coup férir pour l'Euro-2012, finissant invaincue, en tête d'un groupe qui contenait quand même la Croatie (qui s'est qualifiée elle via les barrages), avec 7 victoires et 3 nuls en 10 matches.

L'attaquant Dimitris Salpingidis a déjà réglé son curseur: "Un bon début, c'est déjà avoir gagné la moitié de la bataille." Evidemment, cette phrase résonne comme un écho de l'improbable odyssée des grecs à l'Euro-2004.

En 2004, la bande d'Angelos Charisteas entraînée par le rusé Otto Rehhagel avait battu deux fois le Portugal de Cristiano Ronaldo et Luis Figo, en match d'ouverture (2-1) et en finale (1-0).

Le défenseur de Monaco (2e division française) Giorgos Tzavellas est aujourd'hui gonflé d'orgueil: "Nous n'avons rien à craindre contre la Pologne, je crois que nous pouvons répéter ce que nous avons fait en 2004 quand nous avions volé le match d'ouverture au pays hôte. La Pologne va stresser et nous allons leur voler leur fête."

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