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Emploi de personnes handicapées:il faut tripler le nombre dans le secteur public

07/06/2012 11:13 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les organismes publics du Québec devront tripler la représentation des personnes handicapées au sein de leurs effectifs au cours des prochaines années, prévient la Commission des droits de la personne.

Dans son rapport triennal sur l'accès à l'égalité en emploi 2007-2010, rendu public jeudi, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse s'attarde plus particulièrement au sort des personnes handicapées dans les 260 organismes publics étudiés.

Elle conclut que des «efforts considérables» devront être déployés par l'ensemble des organismes publics pour atteindre les objectifs visés, dans le réseau de l'éducation, les municipalités, les sociétés de transport et les sociétés d'État. Le réseau de la santé et des services sociaux fera l'objet d'un rapport distinct.

À titre d'exemple, pour atteindre leurs engagements, les commissions scolaires du Québec devraient embaucher plus de 4500 personnes handicapées, en plus des 1800 déjà en poste.

La Commission précise même les catégories professionnelles où il leur faudra faire davantage d'efforts: 2472 parmi le personnel professionnel, 755 parmi le personnel technique, 596 parmi le personnel de services, et les autres dans le personnel de bureau, le personnel non spécialisé ainsi que le personnel de direction.

Les cégeps devraient embaucher 700 personnes handicapées de plus que les 300 déjà en poste.

Dans les universités, 1000 autres devraient être embauchées.

La Commission souligne qu'elle «reçoit de plus en plus de plaintes pour discrimination pour le motif handicap» et il faut donc prendre le taureau par les cornes.

«Le défi est de taille pour les organismes publics, qui devront tripler la représentation des personnes handicapées au sein de leurs effectifs au cours des prochaines années, sans pour autant mettre de côté les efforts nécessaires à l'atteinte des objectifs de représentation pour les femmes, les autochtones, les minorités visibles et les minorités ethniques dans le cadre de leur programme d'accès à l'égalité», écrit la Commission dans son rapport.

Dans une présentation devant des groupes intéressés, jeudi avant-midi, le président de la Commission, Gaétan Cousineau, s'est néanmoins montré optimiste. «Des progrès, il y en a» dans les démarches vers l'atteinte de l'égalité. «Il y a quelques années, on était surpris de voir une femme au volant d'un autobus», a-t-il relaté.

La Commission cite d'ailleurs l'exemple de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, la championne des sociétés d'État, qui a même intégré les personnes handicapées à son Programme d'accès à l'égalité avant que la loi ne l'exige.

Afin que la situation soit corrigée dans l'ensemble des organismes publics, M. Cousineau a plaidé pour «que les gestionnaires soient mieux formés» afin de mettre en oeuvre les Programmes d'accès à l'égalité et d'en faire une préoccupation constante. Il a également plaidé pour que ces gestionnaires «soient tenus de rendre des comptes» quant aux progrès réalisés.

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