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Des dizaines de Syriens tués dans un nouveau massacre

07/06/2012 09:03 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

Des dizaines de personnes, dont des femmes et des enfants, ont été massacrés en Syrie, un nouveau carnage condamné jeudi par Moscou et Washington qui a appelé au départ du président Bachar al-Assad.

Moins de deux semaines après le massacre de Houla qui a provoqué un tollé international, l'opposition et une ONG syrienne ont accusé les forces fidèles au régime d'en avoir commis un autre mercredi à Al-Koubeir dans la province de Hama (centre). Mais le régime a démenti que ce massacre ait eu lieu.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, réunie à Istanbul avec ses alliés occidentaux et arabes, a estimé que M. Assad "doit transférer son pouvoir et quitter la Syrie" estimant que la violence "soutenue par le régime dont nous avons été le témoin hier à Hama est tout simplement inadmissible".

En revanche, la Russie, hostile à toute imposition d'un changement de régime en Syrie, a dénoncé ce massacre "barbare" comme une "provocation" visant à faire échouer le plan de paix de l'émissaire Kofi Annan, et appelé l'Occident à faire pression sur l'opposition armée syrienne afin qu'elle le respectent.

Alors qu'Occidentaux d'un côté et Russes et Chinois de l'autre campent sur leurs positions, M. Annan devait s'adresser à l'ONU pour proposer un groupe de contact élargi afin de faire respecter son plan ou trouver un "plan B" pour un règlement dans ce pays déchiré par une révolte réprimée dans le sang depuis 15 mois.

Au moins 55 personnes ont été tuées à Al-Koubeir, a indiqué le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

"Quarante-neuf victimes ont été identifiées à Al-Koubeir, majoritairement membres de la famille Al-Yateem" et "parmi elles figurent 18 femmes et enfants", a-t-il dit. Six autres personnes ont été tuées dans un village agricole proche.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a parlé de 80 morts. "Les forces du régime et ses milices, les chabbiha" ont commis ce massacre dans lequel des enfants de moins de deux ans ont été tués à coups de couteaux, et une famille de 24 personnes a été anéantie, a dit son porte-parole, Mohammed Sermini.

Selon un villageois qui vit tout près d'Al-Koubeir, une enclave sunnite où vivent quelque 150 éleveurs et fermiers, le massacre a commencé vers 14H00 (11H00 GMT). La zone était cernée par des chars et "les troupes ont commencé à bombarder Al-Koubeir, sans cesser jusqu'à 20H00".

Les chabbiha, des miliciens pro-régime, arrivés de régions alaouites proches, "sont entrés dans Al-Koubeir, avec des armes à feu et des couteaux" en provenance de villages proches comme Asileh, qui est alaouite", a-t-il ajouté. Le clan Assad appartient à la minorité alaouite.

Une vidéo a montré le cadavre d'un bébé, celui d'un homme qui semblait gravement brûlé et d'autres corps enroulés dans des couvertures. Sur d'autres images apparaissaient les corps de deux nourrissons et de plusieurs enfants, couverts de linceuls blancs, avec le nom de chacun inscrit sur un papier.

Mais le gouvernement syrien a démenti qu'un tel massacre ait eu lieu. "Ce que quelques médias ont rapporté sur ce qui s'est passé à Al-Koubeir est complètement faux", a-t-il dit, en affirmant qu'"un groupe terroriste a commis un crime odieux dans la région de Hama qui a fait 9 victimes".

Il n'était pas possible de confirmer de source indépendante ces informations, alors que les médias étrangers sont soumis à des sévères restrictions imposées par le régime depuis le début de la révolte marquée par des manifestations pacifiques mais qui s'est militarisée face à la répression.

Néanmoins, les observateurs de l'ONU, déployés depuis avril dans le pays et censés surveiller un cessez-le-feu quotidiennement violé, ont été empêchés notamment "par des barrages de l'armée", de se rendre à Al-Koubeir, a annoncé leur chef, le général Robert Mood, ajoutant que "certaines de nos patrouilles ont été stoppées par des civils dans la zone", sans donner de détails.

Quoi qu'il en soit, le CNS a demandé aux rebelles d'intensifier leurs attaques contre les forces du régime "pour mettre fin au siège imposé à la population et protéger les civils" et appelé le peuple à des manifestations massives de protestation.

Le 25 mai, au moins 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes, ont été massacrées à Houla (centre). La rébellion et le régime se sont rejeté la responsabilité, alors qu'un haut responsable de l'ONU a dit que "de forts soupçons" pesaient sur les milices pro-régime.

Ailleurs dans le pays, les violences ont fait jeudi 9 morts dans les opérations menées par les forces du régime qui s'est dit déterminé à étouffer "à n'importe quel prix" la contestation dont il ne reconnaît pas l'ampleur et l'assimilie à du "terrorisme".

Plus de 13.400 personnes, la plupart des civils, ont péri en Syrie en 15 mois, selon l'OSDH.

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