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Des dizaines de Syriens tués dans un nouveau massacre (ONG)

07/06/2012 07:23 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

Des dizaines de personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées dans un nouveau massacre en Syrie imputé au régime par l'opposition qui a appelé les rebelles à intensifier les attaques contre les forces gouvernementales.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, réunie à Istanbul avec ses alliés occidentaux et arabes, a appelé le président syrien Bachar al-Assad à "quitter la Syrie", estimant que la violence soutenue par le régime dans la région de Hama, où le massacre a eu lieu mercredi, était "inadmissible".

L'émissaire international Kofi Annan, qui commence à entrevoir l'échec de son plan de paix, devait s'adresser à l'ONU, pour proposer un groupe de contact élargi afin de le faire respecter ou trouver un "plan B" pour un règlement dans ce pays déchiré par une révolte réprimée dans le sang depuis 15 mois.

Moins de deux semaines après le carnage de Houla qui avait provoqué un tollé international, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) ont fait état d'un nouveau massacre à Al-Koubeir dans la région de Hama (centre).

Au moins 55 personnes ont été tuées, a indiqué l'OSDH dans un nouveau bilan après avoir fait état de 87 morts et accusé les forces du régime.

"Quarante-neuf victimes ont été identifiées à Al-Koubeir, majoritairement membres de la famille Al-Yateem" et "parmi elles figurent 18 femmes et enfants", a indiqué le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Six autres personnes ont été tuées dans un village agricole proche.

Le CNS, qui a parlé de 80 morts, a accusé "le régime criminel d'Assad", et appelé à intensifier les manifestations jeudi et vendredi en signe de deuil.

Mais le gouvernement syrien a démenti qu'un tel massacre ait eu lieu. "Ce que quelques médias ont rapporté sur ce qui s'est passé à Al-Koubeir est complètement faux", a-t-il dit, en affirmant qu'"un groupe terroriste a commis un crime odieux dans la région de Hama qui a fait 9 victimes".

Il n'était pas possible de confirmer de source indépendante ces informations, alors que les médias étrangers sont soumis à des sévères restrictions imposées par le régime depuis le début de la révolte marquée par des manifestations pacifiques mais qui s'est militarisée face à la répression.

Après cette tuerie, le CNS a appelé les soldats déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL) à "intensifier leurs attaques contre les forces du régime pour mettre fin au siège imposé à la population et protéger les civils", selon le porte-parole de la coalition Mohammed Sermini.

Selon lui, "les forces du régime et ses milices, les chabbiha" ont commis ce massacre dans lequel des enfants de moins de deux ans ont été tués à coups de couteaux, et une famille de 24 personnes a été anéantie selon lui.

D'après des militants, les observateurs de l'ONU, déployés depuis avril dans le pays et censés surveiller un cessez-le-feu quotidiennement violé, ont été empêchés de se diriger vers Al-Koubeir par l'armée régulière. Une porte-parole des observateurs, Sausan Ghosheh, a dit vérifier ces informations.

Selon l'OSDH, le massacre a eu lieu après des bombardements et des miliciens ont ensuite pénétré dans le village et ont tué les habitants par balles et à l'arme blanche.

Une vidéo du CNS a montré le cadavre d'un bébé, celui d'un homme qui semblait gravement brûlé et d'autres corps enroulés dans des couvertures. Sur d'autres images diffusées par des médias arabes apparaissaient les corps de deux nourrissons et de plusieurs enfants, couverts de linceuls blancs, avec le nom de chacun inscrit sur une feuille de papier.

La confrérie des Frères musulmans a affirmé que la communauté internationale avait "une part de responsabilité" dans la poursuite des massacres en raison de l'impuissance des grandes puissances à surmonter leurs divisions en vue d'un règlement.

Le 25 mai, au moins 108 personnes, dont 49 enfants et 34 femmes, ont été massacrées à Houla (centre). La rébellion et le régime se sont rejeté la responsabilité, alors qu'un haut responsable de l'ONU a dit que "de forts soupçons" pesaient sur les milices pro-régime.

Jeudi, sept personnes ont été tuées dans des bombardements à Homs (centre).

Dans d'autres réactions au massacre, le Premier ministre britannique David Cameron a appelé la communauté internationale à davantage d'efforts "pour isoler le régime syrien", qualifiant le pouvoir de M. Assad d'"illégitime".

Mais leurs déclarations se heurtent toujours à Moscou et à Pékin qui se sont de nouveau dit jeudi opposées à "toute intervention militaire au Moyen-Orient". Moscou avait déjà averti qu'un changement par la force du régime pourrait conduire la région à une "catastrophe".

Plus de 13.400 personnes, la plupart des civils tués par les forces régulières, ont péri en Syrie en 15 mois, selon l'OSDH.

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