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Alternance historique au Lesotho avec un Premier ministre issu de l'opposition

07/06/2012 02:41 EDT | Actualisé 07/08/2012 05:12 EDT

Tom Thabane, 72 ans, ancien ministre des Affaires étrangères et leader d'un parti d'opposition, a été nommé Premier ministre du Lesotho jeudi, marquant ainsi la première alternance par la voie des urnes dans cette petite monarchie parlementaire d'Afrique australe.

"Sa majesté le roi Letsie III a nommé M. Motsoahae Tom Thabane Premier ministre du Lesotho ce jour", a indiqué jeudi le palais royal dans un communiqué faisant suite aux élections qui se sont déroulées sans heurts le 26 mai dernier.

M. Thabane, qui doit prêter serment vendredi, succèdera à Pakalitha Mosisili, au pouvoir depuis 1998 et dont les observateurs s'attendent à ce qu'il se retire de la vie politique après avoir accepté sa défaite et la nécessité d'une transition pacifique.

M. Thabane avait longtemps espéré succéder à M. Mosisili au sein de leur ancien parti commun, avant de fonder son propre mouvement, l'All Basotho Convention (ABC), en 2006.

Sa campagne a apporté une note populiste à la politique du royaume, le nouveau dirigeant promettant pêle-mêle de combattre la faim, la pauvreté, les maladies --en particulier le sida qui ravage le pays--, la criminalité et la corruption.

M. Thabane était surtout le candidat des villes, peu nombreuses dans ce pays montagneux totalement enclavé au coeur de l'Afrique du Sud.

Avant le scrutin, il avait annoncé qu'il reverrait les dures conditions de travail dans l'industrie textile et qu'il renégocierait les contrats d'exploitation des compagnies étrangères qui exploitent les mines de diamants.

Il disposera au parlement d'une majorité grâce à une alliance avec le Congrès du Lesotho pour la démocratie (LCD, parti dominant jusqu'à ce que M. Mosisili le quitte en février) et le Parti national basotho (BNP).

Il aura à traiter de questions clés, effleurées pendant la campagne, comme les relations avec le grand voisin sud-africain ou le chômage de la jeunesse.

En 1998, l'élection de M. Mosisili avait provoqué des émeutes sanglantes et l'intervention militaire de l'Afrique du Sud.

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