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WikiLeaks: la défense de Manning réclame des documents du gouvernement

06/06/2012 03:09 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

Moins de la moitié des 63 rapports gouvernementaux réclamés par la défense de Bradley Manning, "taupe" présumée de WikiLeaks, lui ont été remis, a fustigé mercredi l'avocat du soldat, dénonçant le refus du gouvernement de se plier à ses "obligations".

Lors d'une nouvelle audience préliminaire à Fort Meade (Maryland, est), David Coombs, avocat civil de Manning, a indiqué à la juge militaire qu'à peine 28 de ces 63 documents nécessaires à la défense de l'accusé ont été à ce jour mis à sa disposition et que tous disaient "en substance" que les fuites dont Manning est accusé n'avaient provoqué "aucun dommage" et n'avaient eu "aucun impact".

Dans une requête déposée devant la cour martiale, l'avocat cherche à obtenir des documents de différentes agences gouvernementales, comme la CIA, le FBI ou les ministères de la Justice et de la Défense, évaluant les conséquences pour les Etats-Unis des fuites dont Bradley Manning est accusé.

Le procureur militaire a reconnu que sur les plus de 40.000 pages fournies par le FBI sur l'affaire, seules 8.741 avaient été remises à la défense.

"Vous êtes en train de me dire qu'il y a eu une vaste enquête et que seulement une partie" a été communiquée à la défense? avait auparavant demandé la juge militaire Denise Lind, qui a admis à plusieurs reprises avoir "les idées confuses".

Passant en revue les autres agences gouvernementales, à la demande de la juge, le procureur Ashden Fein a déclaré "qu'un processus était en cours" pour revoir les documents de la CIA ou encore que la défense pouvait récupérer directement le rapport de la DIA (Defense investigation agency, l'agence du renseignement du Pentagone).

Ce à quoi Me Coombs a rétorqué: "nous devrions nous rendre jusqu'à la DIA"? L'avocat a également demandé, à propos du processus de révision du rapport de la CIA, "pourquoi cela n'avait pas été fait plus tôt, pourquoi ce document n'a pas été remis à la défense?".

"Le gouvernement a des obligations", a déclaré Me Coombs devant la cour, "nous savons qu'ils disposent d'une évaluation (...) cela ressemble à de la dissimulation d'informations".

"Nous allons tout demander, en utilisant leur terminologie", a-t-il plaidé, "auparavant, ils disaient que nous étions trop vagues, maintenant ils disent que nous sommes trop précis". Dans sa requête à la cour, l'avocat soutient "qu'aucune demande de la défense pour des éléments de preuve ne semble +convenir+" aux yeux de l'accusation.

"A ce stade, nous avons reçu moins de la moitié des 63 documents" réclamés aux agences gouvernementales, a ajouté l'avocat. Il a demandé à la juge de suspendre le calendrier des audiences de "deux à trois semaines, pour permettre à l'accusation de réunir" ces documents "si le gouvernement n'a rien à cacher".

"Plus on se rapproche du procès, plus c'est difficile d'incorporer ces documents au dossier", a-t-il ajouté.

Le début du procès en cour martiale a été fixé au 21 septembre. La date du 22 juin a été choisie pour discuter de la liste des personnes appelées à témoigner.

Bradley Manning est accusé d'avoir transmis à WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et 260.000 dépêches du département d'Etat. L'organisation créée par Julian Assange les avait ensuite mis en ligne, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale. Manning encourt la perpétuité. Il n'a pas annoncé s'il plaiderait coupable ou non coupable.

chv/sf

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