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USA: un régulateur met en cause des contrôles "insuffisants" chez JPMorgan

06/06/2012 02:03 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

Le chef d'un des régulateurs américains des banques a critiqué mercredi devant des élus du Congrès des contrôles du risque "insuffisants" de JPMorgan Chase, qui a fait état en mai d'une perte d'au moins 2 milliards de dollars sur le marché des dérivés de crédit.

Le Congrès mène actuellement une série d'auditions pour comprendre les pertes de la banque américaine, qui ont réveillé les craintes sur la fragilité du système bancaire et financier américain.

Thomas Curry, qui dirige l'Office of the Comptroller of the Currency (OCC), était auditionné dans ce cadre car son administration était chargée de la supervision de l'unité de la banque impliquée dans cette perte.

"Le problème chez JPMorgan Chase est celui d'une gestion du risque insuffisante" au sein de la direction des investissements, a déclaré M. Curry, interrogé par la commission bancaire du Sénat.

Si ces pertes affectent le résultat de la banque, "il n'y a pas de problème de solvabilité", a-t-il assuré, précisant que ses services avaient lancé une enquête pour déterminer "la chronologie exacte" des faits.

Lors de l'audition, des sénateurs ont dit être inquiets d'un éventuel laxisme de la part des régulateurs dans leur contrôle des grosses opérations menées par les banques.

"Qu'est-ce que vos services savaient et étiez-vous au courant de tout?", a interrogé le républicain Richard Selby.

"Pour restaurer la confiance dans notre système financier après la crise, il nous faut plus, et non pas moins, de surveillance des activités de Wall Street", a de son côté fait valoir Tim Johnson, le président démocrate de la commission.

L'audition de M. Curry est survenue en plein débat sur la réglementation Volcker, censée entrer en vigueur en juillet mais probablement retardée, et qui interdit aux banques de spéculer sur les marchés pour leur propre compte, en dehors des activités de couverture atténuant les risques.

Le sénateur Patrick Toomey et d'autres républicains ont de leur côté exprimé leur crainte que cette réglementation n'empêche les banques de gérer leurs risques et ne freine le libre-échange.

"Je redoute beaucoup que nous ayons créé un monstre", a jugé M. Toomey.

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