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Un responsable du théâtre de Jénine arrêté par l'armée israélienne

06/06/2012 05:33 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

Le responsable artistique du théâtre de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, dont le directeur israélo-palestinien a été assassiné en 2011, a été arrêté mercredi par l'armée israélienne, a-t-on appris de sources concordantes.

"Les soldats sont venus vers 03H00 (minuit GMT), je vis au-dessus, c'est pourquoi je suis descendu voir ce qu'il se passait", a déclaré à l'AFP le directeur administratif du Théâtre de la Liberté, Jonatan Stanczak, précisant avoir trouvé le directeur artistique, Nabil al-Raï, entouré par des militaires israéliens, qui l'ont emmené sans explication.

Un porte-parole militaire israélien a confirmé que Nabil al-Raï "a été arrêté dans la nuit à Jénine sur des soupçons d'implication dans des activités illégales", sans autre précision.

M. Stanczak a affirmé que dix employés du théâtre avaient récemment été convoqués dans une base militaire israélienne et interrogés "de manière très intimidante et menaçante" bien que le personnel ait selon lui toujours coopéré à l'enquête sur l'assassinat du directeur, Juliano Mer-Khamis.

"Les interrogatoires commençaient généralement par +Nous savons que c'est vous qui avez tué Juliano, pourquoi l'avez-vous tué?+", a-t-il indiqué.

"Ils posaient des questions sur la situation au théâtre en général, au sujet de Juliano, et aussi sur la situation à Jénine en termes de sécurité", a-t-il souligné.

L'assassinat de Juliano Mer-Khamis par un tireur masqué le 4 avril 2011 à la sortie du théâtre, dans le camp de réfugiés de Jénine, n'a toujours pas été élucidé, malgré de nombreuses interpellations par les services de sécurité palestiniens et l'armée israélienne.

Juliano Mer-Khamis était né d'un père arabe israélien, Saliba Khamis, dirigeant du Parti communiste israélien et d'une mère juive israélienne, Arna Mer, militante pour les droits des Palestiniens, qui avait fondé dans le camp le "Théâtre des pierres" pendant la première Intifada (1987-1993).

Après la destruction de l'établissement par l'armée israélienne en 2002 lors de combats acharnés dans le camp pendant la deuxième Intifada (2000-2005), il avait repris le flambeau en y créant en 2006 le Théâtre de la Liberté.

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