NOUVELLES

Un ministre américain juge "minable" la taxe CO2 de l'UE sur les avions

06/06/2012 05:10 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

Le secrétaire américain aux Transports, Ray LaHood, a qualifié mercredi de "politique minable" la taxe imposée par l'Union européenne sur les émissions polluantes du secteur aérien, destinée à limiter le réchauffement climatique.

"Nous pensons que c'est une politique minable, une mesure minable qu'ils ont adoptée", a dit M. LaHood au cours d'une audition devant la commission des Transports du Sénat américain.

Le secrétaire américain aux Transports a demandé mercredi à l'Union européenne d'abandonner sa taxe sur le CO2. "Nous encourageons fortement l'UE a cesser d'appliquer sa taxe sur l'aviation internationale afin de favoriser nos effort pour trouver une solution sur le plan mondial", a-t-il dit devant les élus.

M.LaHood a critiqué la démarche unilatérale, selon lui, de l'Union européenne: "Ils auraient dû le faire de façon plus coopérative". Il a aussi indiqué que les Etats-Unis ne souhaitaient pas se retrouver au "second plan" dans les négociations sur le climat.

La législation européenne, entrée en vigueur sur le papier le 1er janvier 2012, oblige les compagnies opérant dans l'Union européenne, quelle que soit leur nationalité, à racheter l'équivalent de 15% de leurs émissions de CO2, soit 32 millions de tonnes, pour lutter contre le réchauffement climatique.

Vingt-six des 36 membres de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) y sont opposés, dont la Chine, les Etats-Unis, l'Inde et la Russie.

En outre, des sénateurs ont déposé l'an dernier un projet de loi qui permettrait au secrétaire américain aux Transports d'interdire à des compagnies américaines de participer à l'ETS (le marché carbone payant européen dont dépend la taxe, ndlr). Mercredi, M. LaHood a félicité les sénateurs qui ont soutenu ce projet de loi, mais il s'est toutefois gardé d'y apporter le soutien officiel du gouvernement américain.

"Le gouvernement américain reste fortement opposé, à la fois sur le plan juridique et sur le plan politique, à l'imposition de l'ETS sur les compagnies aériennes", a dit M. LaHood. "Nous avons été clairs auprès des Etats de l'UE sur notre opposition", a-t-il insisté.

Parallèlement, M. LaHood a assuré que les Etats-Unis souhaitaient une solution négociée auprès de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

Jos Delbeke, le directeur général pour l'environnement de la Commission européenne, qui s'est exprimé après M. LaHood, a assuré aux sénateurs dans un témoignage écrit que l'Union européenne "continue son engagement constructif avec l'OACI pour trouver une solution".

M. Delbeke a indiqué aux sénateurs que l'ETS n'était pas "discriminatoire" et que chaque compagnie était soumise aux mêmes règles. "Ce n'est pas une taxe ni un supplément, c'est une approche fondée sur les règles de l'économie", s'est-il défendu. "L'ETS peut changer", a-t-il aussi affirmé insistant sur la recherche d'un accord.

De son côté, Nancy Young, de l'association Airline for America (A4A), qui rassemble la plupart des compagnies aériennes américaines, a estimé que le fait d'imposer "cette taxe unilatérale aux citoyens américains et aux compagnies américaines est une véritable violation de notre souveraineté nationale".

emp/lor

PLUS:afp