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Transparency International critique les liens entre entreprises et gouvernements

06/06/2012 01:15 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

BRUXELLES - L'organisation Transparency International estime, dans un rapport publié mercredi, que les liens noués entre les entreprises et les gouvernements ont ouvert la voie à la corruption et nui à la stabilité économique dans de nombreux pays d'Europe. Contre ce phénomène, le Danemark, la Norvège et la Suède font figure d'exemples.

«À travers l'Europe, de nombreuses institutions qui définissent une démocratie et permettent à un pays de stopper la corruption sont plus faibles qu'on le présume souvent», a expliqué l'un des responsables de l'organisation, Cobus de Swardt, en présentant le rapport à Bruxelles. «Ce rapport soulève des questions troublantes à l'heure où l'Europe, qui tente de régler sa crise économique, a besoin d'une gouvernance transparente.»

D'après ce document, la Grèce, l'Italie, le Portugal et l'Espagne «présentent de graves déficits en matière de surveillance du secteur public et des problèmes profondément enracinés d'inefficacité, de mauvaises pratiques et de corruption».

La Bulgarie et la Roumanie sont citées comme les nouveaux membres de l'Union européenne (UE) les plus inquiétants. Bien qu'ils aient adopté de nombreuses lois anticorruption à la demande de l'UE, cela «ne s'est pas accompagné d'une adoption générale de normes, de mesures et de comportements éthiques».

En revanche, Transparency International désigne le Danemark, la Norvège et la Suède comme les pays les mieux protégés contre la corruption grâce à un dispositif solide de surveillance, d'audit, de justice et de mise en oeuvre des lois.

Mais même des pays considérés comme des exemples d'intégrité ne sont pas irréprochables, souligne l'organisation. La Suède et la Suisse n'ont pas légiféré sur le financement des partis politiques et la loi en la matière est «loin d'être exemplaire» au Danemark, en Allemagne et au Royaume-Uni.

L'organisation appelle l'UE à donner l'exemple en adoptant des règles strictes pour ses propres institutions.

Transparency International a évalué plus de 300 institutions nationales dans 25 pays européens et conclut que de nombreux gouvernements ne rendent pas suffisamment de comptes sur les contrats publics.

En outre, seuls deux pays, la Norvège et le Royaume-Uni, protègent suffisamment ceux qui dénoncent la corruption. L'organisation reproche aussi à 12 pays de ne pas plafonner les dons de particuliers à des partis politiques et à 17 pays de ne pas avoir défini de code de conduite pour les membres du Parlement. Dans 20 des 25 pays étudiés, Transparency International a constaté qu'il existait des obstacles à l'accès à l'information publique.

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