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Syrie: les USA en faveur d'une action ferme de l'ONU, comme la Ligue arabe

06/06/2012 10:59 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont indiqué mercredi qu'ils étaient prêts à soutenir une action contraignante de l'ONU contre la Syrie, dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations unies, comme l'a demandé la Ligue arabe.

"Nous, les Etats-Unis, espérons que tous les pays responsables prendront part bientôt à des actions appropriées contre le régime syrien, notamment, si nécessaire, à des actions au Conseil de sécurité de l'ONU dans le cadre du chapitre VII, comme l'a demandé la Ligue arabe le week-end dernier", a déclaré le secrétaire au Trésor Timothy Geithner lors d'un discours à Washington.

"En l'absence de signes sérieux de conciliation de la part du régime [du président syrien Bachar] al-Assad, nous irons bientôt tout droit dans cette direction", a ajouté M. Geithner, qui s'exprimait à l'occasion d'une réunion du Groupe de travail international des amis du peuple syrien sur les sanctions.

Aux termes du chapitre VII de la Charte de l'ONU, "le Conseil de sécurité peut décider quelles mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée doivent être prises pour donner effet à ses décisions, et peut inviter les membres des Nations Unies à appliquer ces mesures".

"Celles-ci peuvent comprendre l'interruption complète ou partielle des relations économiques et des communications ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radioélectriques et des autres moyens de communication, ainsi que la rupture des relations diplomatiques."

La Ligue arabe a demandé samedi à l'ONU de recourir au Chapitre VII pour imposer une rupture des relations diplomatiques et des sanctions à la Syrie, où l'application du plan de paix Kofi Annan, mandaté par la Ligue et les Nations unies, reste lettre morte depuis des semaines.

Le chapitre VII prévoit aussi la possibilité d'un recours à la force en cas de menaces contre la paix, mais la Ligue arabe a indiqué n'avoir "demandé aucune action militaire", estimant qu'il revenait "au Conseil de sécurité de décider".

Face à la répression des autorités de Damas contre le soulèvement populaire en Syrie, les Etats-Unis ont mis en place un arsenal de sanctions interdisant à leurs ressortissants de commercer avec l'Etat syrien ou avec un certain nombre de ses dirigeants, d'acheter du pétrole syrien, ou encore interdisant le système financier américain à plusieurs grandes banques syriennes.

En fin d'après-midi, le Trésor a publié un communiqué au nom de la conférence des Amis du peuple syrien, réunie au niveau des experts et regroupant essentiellement des pays européens, des pays développés de l'OCDE et des pays arabes.

"Le groupe a appelé tous les Etats à prendre des mesures pour harmoniser" les sanctions, "en imposant au minimum un gel des avoirs des hauts responsables syriens" et en restreignant les transactions avec la banque centrale syrienne et la Banque commerciale de Syrie, indique le texte.

Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies avait estimé le 31 mai que la communauté internationale pourrait devoir agir en dernier recours contre la Syrie en dehors du Conseil de sécurité. Mais le secrétaire à la Défense américain Leon Panetta a affirmé samedi que toute opération militaire en Syrie devrait avoir l'aval de l'ONU.

Mais Pékin et Moscou, qui dispose d'un veto au Conseil de sécurité, ont jusqu'à présent bloqué toute résolution condamnant Damas.

A l'issue d'une visite du président russe Vladimir Poutine à Pékin, la Russie et la Chine se sont à nouveau dites mercredi "résolument opposées à des tentatives en vue de régler la crise en Syrie par le moyen d'une intervention militaire étrangère, de même qu'en vue d'imposer (...) un changement de régime".

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